06/06/2026
On entend parfois dire que la b***e pelote est “un ancien sport”.
C’est vrai. Mais c’est incomplet.
La b***e pelote est aussi un patrimoine vivant.
Pourquoi ? Parce qu’elle ne se limite pas à des règles, un terrain, une b***e et des joueurs. Elle raconte une manière d’habiter un village, de se retrouver sur une place, de transmettre des gestes, des mots, des souvenirs et des habitudes.
Dans son mémoire consacré à la “sportivisation” des jeux patrimoniaux, Cloé Decerf montre que certains jeux traditionnels se transforment progressivement en sports institutionnalisés : fédérations, règlements communs, compétitions, calendriers, équipements normalisés, médiatisation. La b***e pelote se situe précisément à cet endroit particulier : entre jeu traditionnel, sport organisé et patrimoine culturel immatériel.
Ce qui fait sa richesse, c’est cette double identité.
Elle est sportive, parce qu’elle demande adresse, puissance, tactique, entraînement et esprit d’équipe.
Elle est patrimoniale, parce qu’elle porte une mémoire collective, un vocabulaire, des lieux, des rites et une sociabilité propre.
Un ballodrome n’est donc pas seulement un terrain. C’est un espace de jeu, de rencontre, de transmission et de mémoire.
Préserver la b***e pelote, ce n’est pas simplement sauver une discipline sportive. C’est continuer à faire vivre une culture populaire qui appartient à celles et ceux qui la pratiquent, la regardent, la racontent et la transmettent.
Source :
" La sportivisation des jeux patrimoniaux. Étude d’une transformation de jeux traditionnels en épreuves sportives institutionnalisées", Cloé Decerf, uLiège, 2023.
Photo d'une lutte à Hemiksem : © MJDB