21/05/2026
184 jours – 13
⟨⟨ MAISON DE MODE ⟩⟩
- Evelyn QIZ -
Après avoir déposé Diego à l’école — lui qui n’avait pas arrêté une seule seconde de se vanter d’être arrivé en limousine — Fabio m’accompagne directement à la maison de mode.
Dès que je franchis les portes, des applaudissements éclatent dans toute la salle.
Je m’arrête net.
Surprise, je regarde autour de moi avant de laisser un sourire nerveux étirer mes lèvres.
Moi : Qu’est-ce qui se passe ?
Le manager apparaît au milieu des mannequins, un immense sourire aux lèvres.
Manager : Félicitations, Evelyn… tu redeviens notre égérie officielle.
Mon cœur manque un battement.
Moi : Quoi… ?
Ma voix tremble légèrement sous l’émotion.
Il éclate de rire.
Manager : Tu reprends ta place, Bella.
Quelques filles se mettent à applaudir encore plus fort tandis qu’une égérie s’avance vers moi avec un sourire sincère.
Égérie : Félicitations, Evelyn. Tu es vraiment formidable.
Moi (émue) : Merci… mais… Natalia ?
Le sourire du manager disparaît aussitôt.
Manager : Je l’ai virée.
Je reste figée sous le choc.
Moi : Comment ça… virée ?
Manager : Eh oui.
L’égérie à côté de moi grimace légèrement.
Égérie : Bon… c’est vrai qu’elle était insupportable mais quand même, de là à—
Manager (la coupant sèchement) : C’est moi qui décide ici, chérie.
Un silence lourd tombe dans la pièce.
Je baisse légèrement les yeux, encore incapable de réaliser ce qui est en train de m’arriver.
Moi : Je… je ne pensais pas revenir un jour.
Manager : Pourtant, certaines personnes sont irremplaçables.
Il me regarde de haut en bas avant d’ajouter avec assurance :
Manager : Et toi, Evelyn QIZ… tu fais partie de celles-là.
Un large sourire étire mes lèvres après cette phrase.
Le manager retourne finalement dans son bureau pendant que les applaudissements continuent encore un peu autour de moi.
Je laisse échapper un petit rire nerveux avant de prendre plusieurs personnes dans mes bras.
Moi : Merci… merci pour le soutien. Et merci pour tout l’amour que vous m’avez donné.
Une fille me serre fort contre elle.
Égérie : Tu nous as manqué, Evelyn.
Une autre ajoute aussitôt :
Égérie 2 : Cette maison sans toi, ce n’était plus pareil.
Égérie 3 : Tu mérites ta place ici, crois-moi.
Égérie 4 (riant) : Et puis franchement, Natalia nous donnait mal à la tête.
Quelques rires éclatent autour de nous.
Moi (souriante) : Arrêtez…
Égérie : Non, c’est vrai. Toi au moins, tu restes humble malgré tout.
Je souris encore plus, touchée.
Après quelques secondes, je prends une inspiration avant de suivre le manager jusque dans son bureau.
Il relève les yeux vers moi dès que j’entre.
Manager : Oui Bella, assieds-toi.
Je m’installe face à lui, les mains pliées l’une contre l’autre, incapable de cacher mon excitation.
Moi : Pourquoi vous avez changé d’avis ? C’est à cause de la bagarre entre Natalia et moi ?
Je secoue doucement la tête.
Moi : C’est vrai qu’elle est insupportable mais… si c’était pour ça, vous auriez dû nous renvoyer toutes les deux.
Le manager se cale dans son fauteuil.
Manager : Ce matin, j’ai organisé un vote pour savoir laquelle de vous deux devait quitter la maison.
Je fronce immédiatement les sourcils.
Moi : Quoi… ?
Manager : Et elle a perdu.
Je le regarde, complètement abasourdie.
Moi : Mais c’est insensé…
Il hausse calmement les épaules.
Manager : Non, c’est sensé. Et c’est moi le chef ici.
Il pointe légèrement un doigt vers moi.
Manager : C’est vrai que je suis fan de toi… mais avant tout, je suis ton patron, Bella.
Je le fixe sans savoir quoi répondre.
Puis il se redresse avec un sourire satisfait.
Manager : Allez, sors maintenant et va te changer.
Il tape doucement sur son bureau.
Manager : Tu dois reprendre les séances. Et on doit remettre ton visage sur tous les murs de Rome.
Je le fixe un court instant, et obéis.
⟨⟨ MANOIR VESCOVI ⟩⟩
- Hannah VESCOVI -
Lorsque je rentre au manoir, mon sourire refuse toujours de disparaître.
Sur le balcon, je trouve Victor et Rosa installés côte à côte, un verre à la main.
À peine me voit-il que Victor se redresse immédiatement.
Victor : Alors ?
J’éclate de rire devant sa réaction beaucoup trop rapide.
Moi : Eh bien… quelle impatience.
Je m’avance vers eux avec un sourire amusé.
Moi : Moi qui pensais que le sort d’Evelyn te laissait complètement indifférent.
Victor : Mère…
Son ton me fait rire davantage.
Je prends place face à eux, toujours amusée par son manque évident de discrétion.
Moi : La résidence que tu leur as offerte est magnifique. Son petit frère est absolument adorable… et sa mère est d’une gentillesse rare.
Mon sourire s’adoucit légèrement en repensant à cette visite.
Moi : Nous avons énormément discuté. À vrai dire, je crois même que nous sommes devenues très proches en une seule journée.
Victor fronce discrètement les sourcils.
Victor : En une journée seulement ? Qu’est-ce que tu lui as raconté exactement ?
Je hausse un sourcil, faussement vexée.
Moi : Rassure-toi, je ne lui ai rien dit sur toi et Evelyn.
Je pointe légèrement mon doigt dans sa direction.
Moi : Et puis, Evelyn ne m’en a même pas laissé le temps. Vous êtes incroyablement pareils tous les deux.
Son regard change aussitôt.
Plus sérieux. Plus attentif.
Victor : Elle va bien ?
Je retiens difficilement un sourire. Je comprends parfaitement ce qu’il cherche réellement à savoir.
Alors, volontairement, je décide de le faire patienter un peu.
Moi : Physiquement, oui… elle va bien.
Je marque une courte pause avant d’ajouter plus calmement :
Moi : Mais elle rit moins qu’avant.
Le visage de Victor se ferme presque aussitôt.
Moi : Elle a perdu une partie de sa lumière.
Il comprend immédiatement ce que j’essaie de lui faire entendre.
Victor : Mère…
Moi : Quoi ?
Je hausse doucement les épaules.
Moi : Cette fille t’aime… et toi aussi, tu l’aimes.
Je penche légèrement la tête avant de poursuivre :
Moi : Si elle refuse de revenir, ce n’est pas parce qu’elle ne t’aime pas. C’est parce que—
Rosa me coupe immédiatement.
Rosa : Parce que quoi ?
Je tourne brièvement les yeux vers elle avant de reporter mon attention sur Victor.
Moi : Nous en parlerons lorsque tu seras seul.
Puis je me lève calmement.
Sans ajouter un mot de plus, je quitte le balcon.
- Victor VESCOVI -
À peine ma mère partie, Rosa repose brutalement sa tasse sur la table.
Rosa : Ta mère ne se gêne vraiment pas pour parler d’elle devant moi.
Je garde le silence.
Rosa : Et toi non plus, tu ne te gênes pas pour lui répondre… ni pour sourire dès qu’on prononce son nom.
Je prends calmement mon verre avant de relever les yeux vers elle.
Moi : Continue de boire ton thé, Rosa.
Mais cette fois, elle explose complètement.
Elle se lève brusquement et frappe mon torse de ses mains, furieuse.
Rosa : Pourquoi tu m’as cherché si tu ne ressentais plus rien pour moi ?!
Je reste immobile pendant qu’elle continue de me frapper.
Rosa : Pourquoi avoir accepté que je m’installe ici si tu ne voulais plus de moi ?!
Sa voix tremble désormais sous la colère et la douleur.
Rosa : Pourquoi tu n’es pas resté avec elle à l’hôpital, pu**in ?!
Je la fixe sans répondre.
Ses yeux brillent de rage.
Rosa : J’ai très bien compris ce que ta mère voulait dire.
Elle pointe un doigt accusateur vers moi.
Rosa : Evelyn ne veut pas revenir uniquement parce que je suis là.
Un silence lourd tombe entre nous.
Rosa : Alors prends ta décision, Victor. C’est clair ?
Je serre légèrement la mâchoire sans quitter son regard.
Elle secoue la tête, blessée.
Rosa : Parce que même moi, je ne te comprends plus.
Puis elle tourne brutalement les talons et quitte le balcon, f***e de rage.
Le silence revient aussitôt.
⟨⟨ DANS LA SOIRÉE ⟩⟩
- Lorenzo LEÓN -
J’ai fait exactement ce que Fernando m’avait demandé.
Pendant plusieurs jours, j’ai suivi discrètement les allées et venues de cette famille jusqu’à découvrir où Evelyn vivait… et où elle travaillait.
Là, je suis garé juste en face de sa maison de mode, les yeux rivés vers l’entrée.
J’inspecte calmement les alentours en attendant qu’elle sorte.
Les minutes passent lentement.
Puis enfin, les portes s’ouvrent.
Des mannequins et plusieurs égéries commencent à quitter le bâtiment dans des éclats de rire.
Et au milieu d’elles… Evelyn.
Je la reconnais immédiatement.
Je reste immobile jusqu’à ce que le groupe s’éloigne peu à peu avant de traverser la rue.
Je m’approche d’elle par surprise.
Moi : Hey… salut.
Elle se retourne aussitôt avec un large sourire… qui disparaît presque immédiatement en me voyant.
Ses sourcils se froncent.
Elle plisse légèrement les yeux comme si elle essayait de remettre mon visage.
Puis soudain—
Evelyn : Toi… ?
Je souris légèrement.
Moi : Oui, moi.
Je glisse mes mains dans mes poches.
Moi : J’ai envie de discuter avec toi, Evelyn.
Son visage se ferme instantanément.
Elle recule d’un pas, sur la défensive, avant d’essayer de partir rapidement.
Mais je lui attrape doucement le bras.
Evelyn : Lâche-moi !
Elle arrache brutalement son bras avant de ramasser une pierre au sol qu’elle pointe directement vers moi.
Evelyn : Je te jure que je vais te frapper avec ça !
Je lève immédiatement les mains.
Moi : Pourquoi tu me détestes autant ? Tu ne me connais même pas.
Elle me fixe avec colère.
Evelyn : T’es un ennemi de Victor. Et ça me suffit largement.
Je hausse légèrement les sourcils.
Moi : Vraiment ?
Je fais un pas lent vers elle.
Moi : Pourtant je pensais qu’il était aussi ton ennemi.
Son regard vacille légèrement.
Moi : Tu le détestais, non ? Il t’a séquestrée.
Elle serre davantage la pierre dans sa main.
Evelyn : Ce n’est pas la même chose.
Sa voix devient plus froide.
Evelyn : Et je n’ai rien à te dire.
Moi : Moi si.
Elle tente encore de partir.
Evelyn : Jamais.
Mais cette fois, je parle avant qu’elle ne s’éloigne.
Moi : Tu n’as pas mérité ta place d’égérie.
Elle s’arrête net.
Moi : Victor a menacé ton manager pour qu’il te remette comme figure principale… et pour qu’il vire ta collègue.
Elle se retourne brusquement, complètement choquée.
Evelyn : Quoi… ?
Je soutiens calmement son regard.
Moi : C’est la vérité.
Je marque une pause.
Moi : Et si je te raconte ça, c’est parce que je ne te veux aucun mal.
Elle me fixe avec méfiance.
Evelyn : Et toi, comment tu sais ça ?
Je souffle discrètement avant d’avouer :
Moi : Parce que je vous suis depuis un moment.
Son visage se durcit immédiatement.
Moi : Le père de Rosa veut sa fille.
Un silence s’installe.
Je baisse légèrement la voix.
Moi : Écoute… j’ai vraiment besoin de te parler.
Elle ne répond pas.
Moi : Je ne vais pas te faire de mal.
Je montre le café au coin de la rue.
Moi : Si tu veux, on peut aller dans un endroit public.
Elle hésite longuement, méfiante.
Ses yeux me scrutent comme si elle cherchait le moindre piège.
Puis finalement…
Evelyn : … D’accord.
Un léger sourire apparaît sur mes lèvres.
Parce qu’enfin… elle accepte de m’écouter.
Une fois arrivés au café, Evelyn choisit immédiatement une table près de la vitre.
Je remarque qu’elle garde ses distances avec moi, comme si elle était prête à partir au moindre faux mouvement.
Elle retire lentement sa veste avant de croiser les bras.
Evelyn : T’as cinq minutes. Pas une de plus.
Je la fixe attentivement.
Moi : Je pensais que tu serais moins belle de près.
Elle cligne des yeux, surprise.
Evelyn : Pardon ?
Je souris légèrement.
Moi : Non parce que là… c’est presque injuste.
Elle fronce les sourcils.
Je laisse échapper un léger rire.
Moi : Tu es toujours aussi agressive ?
Evelyn : Et toi toujours aussi fouineur ?
Le serveur dépose nos boissons avant de repartir rapidement, sûrement à cause de l’ambiance tendue.
Je prends calmement mon café.
Moi : Franchement, je pensais vraiment que tu détestais Victor.
Son regard devient immédiatement noir.
Evelyn : Fais attention à ce que tu racontes.
Moi : Pourquoi ? Ce n’était pas le cas ?
Elle se penche légèrement vers moi.
Evelyn : Ça ne te regarde pas.
Je hausse les épaules.
Moi : Pourtant tu étais prête à me casser la tête dehors parce que j’ai parlé de lui.
Elle ricane froidement.
Evelyn : Non. J’étais prête à te casser la tête parce que t’es un ennemi.
Un sourire apparaît malgré moi.
Moi : Tu vois ? C’est ça que je ne comprends pas.
Elle tape brusquement sa main sur la table.
Evelyn : Mais comprendre quoi exactement ?!
Quelques clients se retournent vers nous.
Evelyn : Tu me suis, tu racontes des choses sur Victor, tu viens me provoquer et après tu fais l’innocent ?
Moi : Je te provoque parce que je pensais sincèrement que tu le détestais.
Elle se lève brusquement de sa chaise.
Evelyn : Et moi je pense sincèrement que cette discussion était une mauvaise idée.
Elle attrape son sac mais je parle avant qu’elle ne parte.
Moi : Victor et moi étions meilleurs amis à l’époque.
Elle s’arrête sans se retourner.
Je continue :
Moi : Mais il aimait tuer.
Le silence tombe immédiatement.
Moi : Il adorait le sang. Plus il y avait de violence, plus il devenait calme.
Elle tourne lentement la tête vers moi.
Evelyn : Et toi ? T’es différent peut-être ?
Je la fixe sans répondre.
Elle ricane nerveusement.
Evelyn : Non parce qu’un bon ami ne regarde pas la femme de son ami comme toi tu le fais.
Ses mots me frappent plus que prévu.
Evelyn : Alors viens pas jouer au mec propre avec moi.
Je me redresse légèrement.
Moi : Je ne joue à rien.
Evelyn : Ah oui ?
Elle s’approche de la table.
Evelyn : Depuis tout à l’heure, tu essaies quoi exactement ? Me retourner contre Victor ? Me séduire ? Me faire peur ?
Elle secoue la tête avec colère.
Evelyn : Vous êtes tous malades dans votre monde.
Je soupire discrètement.
Moi : Tu ne comprends pas—
Evelyn : Non, c’est toi qui ne comprends pas !
Sa voix monte encore.
Evelyn : Victor m’a fait du mal, oui. Beaucoup.
Elle pointe un doigt vers moi.
Evelyn : Mais toi, t’arrives ici en croyant que je vais courir dans tes bras parce que tu balances deux secrets sur lui ?
Elle lâche un rire froid.
Evelyn : Tu te crois mieux que lui ?
Je serre légèrement la mâchoire.
Moi : Fernando veut juste retrouver sa fille.
Evelyn : Et toi tu veux quoi ?
Le silence s’installe quelques secondes.
Puis elle hoche lentement la tête comme si elle venait de comprendre quelque chose.
Evelyn : Voilà.
Elle reprend son sac.
Evelyn : Même toi, tu ne sais pas ce que tu veux.
Elle commence à partir puis se retourne une dernière fois.
Evelyn : Cette discussion est terminée. La prochaine fois que tu t’approches, je règle ton compte moi-même.
Avant même que je puisse répondre… Elle quitte définitivement le café.
- Evelyn QIZ -
Je reprends ma route, le cœur complètement retourné par ce que Lorenzo vient de m’apprendre.
Alors c’est vrai…
Victor a réellement menacé mon manager pour que je récupère ma place d’égérie.
Mes pas ralentissent légèrement pendant que les voitures défilent autour de moi.
Je repense à tous ces applaudissements. À leurs félicitations. À ce bureau. À ce fameux “vote”.
Un rire nerveux quitte mes lèvres.
Quel vote de merde…
Une larme glisse discrètement sur ma joue mais je l’essuie immédiatement, furieuse contre moi-même.
Moi : Quel idiot…
Je serre les dents en continuant d’avancer.
Moi : Il ne changera jamais.
Ma mâchoire se crispe davantage.
Moi : Il ne fonctionne qu’avec les menaces… les armes… les coups de feu…
Je baisse brièvement les yeux, blessée malgré moi.
Moi : Même quand il veut faire quelque chose de bien, il le fait mal.
Le souvenir de Victor traverse encore mon esprit et ça m’énerve davantage.
Alors je secoue brutalement la tête comme pour le chasser.
Moi : Mais il va le payer.
Ma voix tremble entre colère et tristesse.
Moi : Cette fois… il va vraiment le payer.
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