30/08/2024
On m'a demandé d'écrire une bio de 3000 mots maximum qui explique tout ce qui m'a poussé à faire de la peinture jusqu'à aujourd'hui. Si vous avez un peu de temps pour lire, c'est intéressant…
Il était une fois, une histoire qui commence mal. Le bambin nait le jour de la Saint Parfait dans l’après midi du 18 avril 1961 dans les quartiers Nord de Marseille où ses grands parents maternel, (couple mixte chrétien/juif) et leurs 4 enfants se sont échoués à leur arrivée de Sfax, contraints à l’émigration après l’indépendance de la Tunisie.
Le petit Eric grandit dans les HLM qui bordent la Méditerranée. Il y apprend la différence, le mixage des cultures et la démerde. Et puis, il y a la joie de vivre, le soleil presque toute l’année et la mer. Ça aide.
À cette époque, l’art c’est pour lui de la peinture à l’huile appliquée au couteau en couche épaisse sur les murs d’un restaurant-cabanon de calanques de l’Estérel.
Pendant les vacances scolaires de l’été 68, avec sa grand-mère et sa sœur, il rejoint sa mère en avion caravelle. Sa mère “travaille” pour un milliardaire Belge. C’est là, sur la mer du nord, à Knokke-le-zoute que tout commence. Il découvre un autre monde, pas meilleur, pas pire mais apparemment plus facile. Les petits enfants de Gustave le milliardaire, avec lesquels il joue, ont tout ce qu’ils veulent, mais n’ont pas l’air plus heureux que ses copains de la cité des Platanes. Gustave Nellens est directeur du casino de Knokke mais aussi grand amateur et collectionneur d’art et Roger, un de ses fils est lui même artiste peintre. C’est en allant voir l’atelier de ce dernier qu’il « tomba dedans ». Il savait alors que cela prendrait le temps qu’il faudra, mais il serait artiste peintre.
De retour à Saint-Raphaël, il raconte à ses amis ce qu’il a vu mais iIs ne le croient pas. L’image du monde qu’il a entrevu le réconforte car il sait désormais qu’il y a autre chose que les quatre immeubles encadrant le parking. Dès lors quand il ne construit pas des cabanes en carton dans le terrain vague qui sert de terrain de jeux à tous les minos du quartier il passe la plus part de son temps à dessiner des plans d’aéroports et à copier des billets de banque.
A 10 ans, Marlène sa mère revient vivre en France et récupère son fils et sa fille qui étaient en garde chez leurs grands parents et part s’installer avec un militaire basé à Luxeuil-les-bains en Haute-Saône. C’est l’occasion pour lui de découvrir le judo, la Bédé via Pif Gadget mais aussi de perdre un peu l’accent du midi. Cet intermède dans l’Est ne dure que le temps d’un automne et d’un hiver. 6 mois plus t**d, nouveau déménagement pour Bordeaux. Et une fois de plus c’est la perte des repères, une nouvelle école, des nouveaux amis et l’apprentissage du langage très particulier du bordelais.
Même si il y a eu une tentative peu convaincante de peinture à l’huile, c’est surtout avec la bédé qu’il apprend en parfait autodidacte à vraiment dessiner en s’inspirant des planches de Druillet et des corps en perspective de Rahan.
De 14 à 18 ans, lorsqu’il revient en vacances d’été chez ses grands parents, il se fait son argent de poche en « faisant les saisons » en tant que serveur, puis barman dans un établissement de Fréjus Plage. Là, il se lie d’amitié avec des mecs plus âgés que lui aux looks et à l’esprit Beatnik qui lui racontent leurs road trip. Aussi à la fin de sa dernière saison, il décide de tailler la route sac au dos. Il traverse en stop l’Espagne et le Portugal au mois de Novembre pour aller zoner quelques mois au Maroc. Dès la traversée sur le ferry, Paul, un hollandais devient son guide et l’initie aux meurs de la culture marocaine et aux substances naturelles du pays.
Au tout début des années 80, de nombreux artistes Européens et Américains viennent chercher la confrontation des cultures de part et d’autre de l’Atlas. C’est pour lui, à l’occasion de multiples rencontres, la possibilité de comparer son talent et de progresser en maturité. De découvrir aussi l’artisanat, la peinture berbère et dans le souks de Marrakech, les géniales sculptures de pneus.
À 20 ans, rempli d’espoir et d’inconscience, il monte à la capitale où il espère trouver un job dans la pub. Eric ne connait personne, et le peu d’argent qu’il gagne en tant que graphiste free-lance est entièrement dépensé en Kebabs et hôtels miteux voire de passes. C’est dur !
Entre deux rendez-vous et les week-end il traine de galeries en musées, se forgeant en quelques mois une solide culture artistique et découvre l’art contemporain. A Paris c’est le début de la pratique illégale du graffiti importé de New-York et du détournement d’affiches publicitaires. Cela se passe dans les rues la nuit mais aussi sous les rues dans les catacombes. Bien sûr cette effervescence artistique underground le séduit et très vite il cède à la tentation de la bombe aérosol.
N’ayant pas trouvé un poste stable dans une agence de pub qui lui permette de prendre un studio, Il décide de mettre à profit l’expérience acquise malgré tout et de rentrer proposer ses services aux agences Bordelaises. De retour, il ne perd pas ses bonnes habitudes et c’est tout naturellement qu’il continue à graffer la nuit en «sauvage» sur les murs de pierres noircis par la pollution du centre ville de Bordeaux. Au début, il peint sans signer ce qui lui passe par la tête d’un trait de bombe aléatoire : danseurs de Hip Hop, joggers, musiciens… les murs ne manquent pas, il est le seul à faire des graffiti «artistiques». les autres bombent principalement des messages politiques, des tags aux blases divers. Il y a aussi beaucoup de pochoirs plus ou moins poétiques.
Le jour, quand il n’est pas missionné en tant que graphiste, roughman ou story-boarder, il peint de grandes œuvres figuratives à la peinture à l’huile sur plastique transparent. Il participe à plusieurs expositions collectives à tendance «Figuration Libre» à Bordeaux, Paris et Toulouse.
Fin 1983, il commence à réfléchir à une sorte de logo, un graffiti qui serait sa marque, son identité personnelle. A la naissance de son fils, en mars 1984, il réalise son tout premier graffiti qu’il signe Kiki. Ces personnages graphiques filiformes et apparemment simples ont été longuement étudiés. Ils sont rapides à exécuter et obéissent à la gestuelle de la pratique de la bombe aérosol. Ils dansent, gesticulent et sont toujours un peu énervés.
En quelques semaines, ses petits personnages que les fans et les journalistes ont déjà baptisé “KIKI”, envahissent tous les quartiers de la ville et sont déjà auréolés d’un certaine célébrité locale grâce à plusieurs articles dans la presse.
Puis vient le tour de Mériadeck (la fierté de Jacques Chaban-Delmas), le nouveau quartier de béton sensé représenter la modernité de la ville devient en quelques heures le nouveau terrain de jeux des kikis. Ils s’emparent de 3 grands murs créant un triptyque urbain atomique. ils jouent avec la lumière des globes des lampadaires et courent sur les murs neufs des banques dont celle de leur auteur.
«Pour l’anecdote, j’ai graffité ces murs parce que c’était mon agence bancaire à l’époque et ils m’avaient bloqué ma carte bleue. Le lendemain quand j’y suis retourné parce que j’avais rendez-vous avec mon conseiller, je me suis aperçu en voyant mon reflet sur la porte vitrée de l’entrée que j’avais mis un t-shirt avec un kiki»
Fin 1984, il est sollicité par une galerie Bordelaise très «branchées» pour sa première expo personnelle. Pour l’occasion, il décide de proposer aux visiteurs une expérience immersive en s’associant avec deux amis rédacteur et musicien.
Plusieurs œuvres de grandes tailles peintes en acrylique fluo sur draps reprennent les drapeaux de différents pays recouverts de kikis. Des walkmans sont disposés à coté de chaque œuvre. En mettant les écouteurs sur les oreilles, le public peut écouter des reporters commenter l’invasion de nuées de Kikis dans chaque pays.
En 1985, Il décroche un contrat comme assistant du directeur de création dans une prestigieuse agence de pub de Montpellier. La nuit, bien sûr, il sort ses bombes pour aller saloper les murs, Là aussi il est le premier. Les week-ends, il revient à Bordeaux et en profite pour graffiter les rues ou les parkings sous-terrain mais aussi pour coller ses kikis peints sur papier au cul des bus lorsqu’ils sont à l’arrêt. À l’occasion de l’invitation de Keith Haring par le CAPC pour sa toute première exposition en Europe, il détourne les affiches de l’exposition.
Après 6 mois passés à taffer à Montpellier, son directeur de création lui lance le défit de tagger les ch****es de l’agence qu’il trouve tristes. Le lendemain matin, lorsque le boss allant pi**er, découvre la nouvelle déco … Kiki est viré. Il faut dire que c’est sans concession et plutôt trash !
En tant que notable graffitiste, Kiki est convié au vernissage de la première exposition d’un groupe de 3 plasticiens qui se nomment «Série Bolo ». Cela désigne le faux texte utilisé par les maquettistes dans la pub (bolobolobolo bolobolo). Stéphane, un des mecs de la bande l’invite à venir peindre avec eux un bunker à la pointe du Cap ferret le week-end suivant. Kiki accepte.
Le visage de Jean-Éric et Stéphane s’illuminent à la vue des pots de fluo que Kiki sort de son sac. Ce qui ne plait pas du tout au troisième qui prend un air dégoûté et qui fini par disparaitre définitivement en fin de journée. Aussi, dès le week-end suivant, pour achever l’œuvre monumentale, Kiki fait parti du groupe. L’autre bunker à proximité ainsi que les dalles béton d’une ancienne piste allemande sont également repeints.
Quelque jours plus t**d l’exploit est consacré en première page quadri du journal Sud-Ouest titrant « Un blockhaus aux couleurs explosives». Suite à cet article les demandes d’interventions plastiques affluent. Il faut donc trouver un nom de groupe pour la communication. Stéphane ouvre Le Robert au hasard …ça tombe sur Inflammable qui est rapidement amputé d’un «M» et finalisé d’un «S» à la fin.
Dès lors l’aventure est 100% collective. L’ambition personnelle est tout simplement bannie. La peinture se fait désormais à 6 mains. Ils se repassent les uns sur les autres sans respect pour le travail du précédent ce qui produit une œuvre originale unique impossible à créer par un peintre seul. Comme pour un groupe de Rock, les idées et les décisions mises en pratique sont elles aussi collectives. La seule et réelle difficulté est d’accepter d’un seul coup de cesser de penser perso, de tirer un trait sur son égo et son œuvre.
Tout va très vite. Les interventions et les actions s’enchaînent à un rythme d’enfer de 1985 à 1990 Dont les points forts sont des dizaines de décorations de lieux nocturnes en France et en Espagne…Graffiti de rues entières, de la façade du CAPC Musée, des colonnes du musée d’art Moderne de Paris… L’Entrée dans la collection du CAPC…Premières parties de The Pogs, Noir Désir, Gamine, Hydraulics Mai Tips…Show Musik/peinture/danse à La Loco et au Grand Rex Paris…intervention en aveugles pour l’inauguration du CAPC Musée… Direct TV pour M6 matinale et pour l’émission spécial Bordeaux de Frédérique Mittérand sur TF1… Sélection et intervention pour le premier festival d’art Urbain à Paris (L’Usine éphémère).…« Explosition » personnelle inflamables de 8000m2 dans un hangar sur les quais du port de Bordeaux…
Départ de Jean-Eric, le groupe Inflamables devient un duo
…Recherches et peintures en atelier…Destruction de presque toutes les œuvres anciennes. Certaines par le feu, d’autres sont lacérées et les lambeaux sont recollés sur d’autres toiles afin d’en créer des nouvelles …Création du concept manifeste “Détruire de l’art c’est de l’art» avec mise en pratique à l’Aperto > Biennale de Venise par la lacération de 3 œuvres de Koons avec cicolina et FIAC Paris par la lacération de 2 œuvres de James Rosenquist et Roy Rauchenberg sur le stand de la galerie Léo Castelli > Garde à vue, 3 semaines de préventive à la Santé, jugement, annulation de la plainte de Castelli, relaxe avec 5 ans de mise à l’épreuve.
Suite à ce su***de volontaire, fuyant une soudaine célébrité négative, fatigué de devoir se justifier et de cette représentation permanente, le duo tente de se faire oublier. Ils décident de faire un break. Stéphane déménage en Dordogne et Kiki en Provence. Bien que restant en contact, les actions et les interventions cessent momentanément.
Le délire avait pris naissance entre Milan et Nice dans le train qui les ramenait de Venise suite à l’action de l’Aperto contre Koons… il fallait écrire les aventures iINFLAMABLES avant d’en oublier les dates et les détails. Pendant une année, la distance géographique ne les empêche pas d’écrire chacun de leur coté. En avril 1992, le mixage des textes commence pour l’écriture à 4 mains. La rédaction finale, les corrections, la saisie des textes et la mise en page prend 6 mois. Le titre choisi est “Mortel ou Mourir”. Le pavé de 300 pages est auto-édité à 100 exemplaires et vendu dans une caisse de pinard en bois comme les grands crus.
La particularité de l’ouvrage est que toutes les actions sont décrites comme si elles étaient filmées avec 2 caméras, donc 2 visions et 2 points de vue différents.
En 2002, pour fêter les 10 ans de leur dernière acte-œuvre suicidaire de la FIAC 92, le Duo INFLAMABLES reprend du service. Cette fois ci pas de destruction. Ils sont juste armés d’une caméra vidéo chacun et d’un carton de commémoration à distribuer sur les stands. L’action des 2 artivistes consiste à enregistrer les réactions des galeristes et des artistes présents. L’œuvre a pour titre «Souriez vous êtes filmés. Elle est certes un brin provocatrice mais n’a rien d’illégale, juste un peu inquisitrice.
Suivent plusieurs actes-œuvres vidéo dont entres autres
- «Un musée pour s’amuser» intervention au CAPC Musée où recouvert de ponchos noirs, le duo courent comme des enfants sauvages au milieu des œuvres à tendance Art Povéra exposées dans l’ancien entrepôt de pierre.
- « un pique-nique au Palais de Tokyo ». vêtu de combinaisons de peintre blanches, le duo installe saucisson, boîte de camembert et bouteille de vin rouge sur une couverture de survie dorée puis filment la scène en mangeant et en discutant avec les visiteurs pendant 40 minutes avant que le service d’ordre vienne leur demander d’arrêter.
- intervention « c’est arrivé aujourd’hui » à la première Biennale d’art contemporain de Lyon.……
En 2005, Stéphane part vivre en Guadeloupe. Kilat se retrouve seul. Pas question de passer pour fou en continuant les actions artivistes vidéo en solo.
Seulement voilà, 20 ans de collectif ne s’effacent pas d’un simple claquement de doigts. Il faut réapprendre à penser et à faire seul, à retrouver son égo et passée une longue période de doute et de remise en question, Il décide de reprendre la peinture et les petits personnages de ses débuts. Mais alors quoi peindre ? Car lorsqu’on choisi la figuration, se pose automatiquement la question évidente du sujet.
« SI TU N’AS RIEN À DIRE, NE PEINS PAS » devient sa devise. Sa peinture sera engagée ou ne sera pas.
Il signe désormais Kilat et pendant 3 années, il dénonce les maux de l’humanité et peint tous les sujets graves, universels et ultra contemporains sur de grandes bâches qu’il expose au public le plus souvent qu’il peut en participant « sagement » à des expositions et des salons, comme n’importe quel autre artiste contemporain.
Kilat conçoit l’œuvre comme un logo. Elle doit impacter et aller droit au but pour sensibiliser et provoquer des réactions. Il sait que ses peintures sont difficiles à vendre mais il s’en moque, il a toujours «son vrai métier» à coté, même si il trouve que la pub qui le fait vivre, est de plus en plus futile et mensongère. Son engagement lui a soudain fait prendre conscience qu’en tant que créatif pour la pub, il n’était qu’un petit soldat aux ordres de ce système qu’il dénonce et l’esclave de la folie aveugle et suicidaire collective.
Sa peinture ne laisse pas indifférent. Il ne t**de pas à attirer l’attention des organisateurs d’expositions et d’acteurs culturels nationaux. Kilat enchaîne les expositions et les salons prestigieux…
Qu’il le veuille ou non, malgré des années de peinture en atelier, son style est toujours marqué par l’esprit graff. Si bien que la nouvelle génération de graffeurs le sollicite et l’incite à recommencer à peindre sur les murs… Kilat pense d’abord qu’il a passé l’âge de faire du graffiti puis se laisse tenter par cette nouvelle expérience. Après tout, être plébiscité pour reprendre les bombes après tant d’années d’abstinence, c’est flatteur et très amusant.
Tout va alors très vite. Sur l’invitation d’un ami rencontré pendant un salon à Paris, il est invité à participer à une «Street art Battle» en compagnie de 12 graffeurs et street artistes parisiens pour la plus part reconnus et respectés dans le milieu. Kilat fait bien sûr figure de vétéran mais il est bien décidé à en découdre et à relever le défit.
Parallèlement, et plus sérieusement, kilat entame un nouveau cycle. il entreprend de construire ses images par superposition de milliers de ses personnages. Il nomme lui même ce principe la «Kilat Touch». Dés lors il est libre de traiter n’importe quels sujets ou genres. Anatomie, scènes autobiographique et érotiques, paysages, animaux, auto-portrait, objets…
Sans pour autant abandonner ses recherches, certes très intéressantes mais somme toute très «classique», Kilat fini par se lasser. il éprouve soudain un irrésistible besoin de sobriété et de communion avec la peinture… un retour à l'essentiel, sans artifice, une réaction impulsive et radicale face à l’orgie de couleurs et de figuratif, face au spectaculaire et à la démesure de la tendance actuelle du street art.
Kilat passe d’abord par une approche radicale en prenant le parti de ne peindre que les tranches du tableau. c’est une vraie révélation, une plongée en apnée dans les profondeurs de la création.
Passé cette période du « Tranchisme » il se questionne ensuite sur la manière de «faire de la peinture abstraite» tout en continuant d’utiliser ses personnages qui eux, sont figuratifs.
C’est en visionnant des vidéos de vols d’étourneaux parfaitement synchronisés qui évoluent en bandes organisées comme un seul organisme sans jamais se percuter tout en créant des formes légères et aléatoires qu’il a l’idée de remplacer les volatiles par ses personnages. Les Murmurations sont nées.
«Si pour les artistes contemporains, c’est important d’être les premiers, c’est une obsession qui m’a définitivement abandonnée. Je souhaite juste que mon œuvre trouve sa place dans l’histoire de l’art». Kilat