07/05/2026
Le texte de Marie-Anne Lorgé sur l'exposition :..Enfin rebondir sur les Doux abîmes de Joachim van der Vlugt, une descente en apnée dans une vie souterraine, la vie des racines, celles-là qui nous recentrent… ou nous tourmentent – un virtuose travail du glacis qui accouche de transparences à donner le vertige, à Beckerich...La lumière, c’est aussi le prodigieux terrain de jeu de Joachim van der Vlugt, peintre néerlandais installé à Luxembourg, qui superpose de transparentes couches d’huile, ce qui enrichit la couleur, crée de la profondeur et une brillance où marinent des nuances complexes, ce, à la manière des maîtres hollandais. Pour autant, la facture est contemporaine, aspirée par une vision quasi mystique du paysage, où le ciel, matière vaporeuse, puissance formelle aussi dynamique que complice de la rêverie, sinon de la nostalgie, voire d’un ailleurs voyageur, le ciel, donc, plonge à ras d’un horizon de dunes pour, ensuite, se dissoudre dans la terre, là, dans l’enfoui, dans l’intimité de racines noueuses, symboles d'ancrage, d'origine, de mémoire ancestrale, de transmission.
Actuellement, dans la lumineuse Millegalerie – sur le site du moulin de Beckerich –, en une série de petits formats, Joachim n’en finit pas d’exhumer/explorer les douces étreintes de racines (visuel ci-dessus) qui sont autant de Doux abîmes, d’accès à un monde autre.
C’est une peinture non de représentation mais de figuration d’une autre réalité et temporalité, où l’artiste brouille les pistes, insérant dans ses compositions des formes blanches, des rectangles, des sortes de spectres qui amplifient les sous-couches, histoire d’associer l’organique et le géométrique et d’inviter notre regard à se perdre.
A ne bouder sous aucun prétexte jusqu’au 17 mai, du jeudi au dimanche de 14.00 à 18.00h ou sur rendez-vous, tél.: 621.25.29.79, infos: www.kuturmillen.lu