Musée anatomique de Strasbourg - Museum anatomicum Argentoratense

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Musée anatomique de Strasbourg - Museum anatomicum Argentoratense Collections de la Faculté de Médecine de Strasbourg (Alsace, France) : anatomie humaine descriptiv

Focus : L'EFFIGIE ROMANE DU BLASON DE BISCHWILLER (ALSACE). • Les représentations humaines et/ou anatomiques sont rares ...
23/08/2026

Focus : L'EFFIGIE ROMANE DU BLASON DE BISCHWILLER (ALSACE). • Les représentations humaines et/ou anatomiques sont rares en héraldique (science et art des blasons et armoiries). | En Alsace [Alsatia, Elsass, s' Elsàss], deux communes - ROUFFACH (voir la notice précédente sur la présente page) et BISCHWILLER - ont un blason officiel portant l'effigie d'une femme assise, représentée de face, portant un jeune enfant sur ses genoux, l'ensemble étant marqué par une grande symétrie. | La figure/ meuble de ces deux blasons est exceptionnelle en héraldique tant au niveau national français que dans les pays germaniques ; il s'agit du thème iconographique de la "VIERGE À L'ENFANT" [Marienbildnis, dite aussi Madone/ Madonna], dans une variante souvent dite "en MAJESTÉ" [Maestà], étant représentée couronnée et assise dans un trône (ou cathèdre), à l'image traditionnelle d'un Empereur, d'inspiration BYZANTINE, et très en vogue dans l'art ROMAN européen. • L'effigie de la "Vierge à l'enfant" fut adopté en 1201, par l'"assemblée des bourgeois" de Strasbourg, alors ville épiscopale, comme effigie pour son "Grand sceau" [Le Minor type 1] - première étape de son affranchissement progressif par rapport au pouvoir épiscopal -, puis, quelques années plus t**d également choisie - en 1208 - pour la bannière strasbourgeoise mais avec toutefois une innovation majeure, en la représentant les bras étendus [Le Minor type 2], devenant ainsi l'emblème officiel strasbourgeois pendant plusieurs siècles (voir les quatre notices précédentes sur la présente page) [nota : (i) solennité de l'Assomption, jour de fête de MARIE, inscrite au calendrier à la date du 15 août, une célébration en vigueur depuis le 5e siècle/ fêtée le 28 août, dite "la Dormition", pour les Églises orthodoxes et celles ayant conservé l'usage du calendrier julien ; (ii) à la date du 22 août est inscrite au calendrier la fête de la "Vierge Marie Reine", jour de fête des prénoms REINE et RÉGINE (en latin, "regina, ae" = reine/ "rex, regis" = roi)].
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Les BLASONS de Roufach et Bischwiller en Alsace, à l'effigie de représentations humaines de l'art roman, remontent tous deux au MOYEN ÂGE, s'inscrivant dans le contexte de l'appartenance de ces villes et environs à l'ÉVÊQUE de STRASBOURG/ Principauté épiscopale de Strasbourg [HOCHSTIFT STRASSBURG/ Fürstbistum Strassburg] ; de multiples possessions et territoires ÉPISCOPAUX existaient en effet au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime tant en Alsace (rive gauche du Rhin) que dans l'Ortenau et le Pays de Bade [Baden] (rive droite du Rhin), au sein du Saint-Empire romain germanique [Heiliges Römisches Reich, HRR/ Oberrheinischer Reichskreis], mais toutefois avec une dimension historique très différente : [1] pour ROUFFACH, possession du 7e siècle à la Révolution française (1790-1792) [région épiscopale en Haute-Alsace dite "Haut Mundat/ Obermundat"] ; [2]'pour BISCHWILLER, bien épiscopal uniquement du 11e au 14e siècle (1017-1332), il s'agit donc là plus d'une simple évocation historique plus que d'une réalité territoriale durable, et étant aussi en lien avec la dédicace de l'église paroissiale à Notre-Dame (1300) ; il s'agit d'une certaine manière d'"armes parlantes" [Sprechendes Wappen, Redendes Wappen/ canting arms], liées au nom de la commune : anciennement village de "BISCHOFSWEILER" (attesté dès 1235-1250), composé des termes allemands/ alémaniques : (i) "BISCHOF" = évêque [du grec επισκοπος/ episcopos ; en latin "episcopus, i" (d'où en français le substantif "épiscopat" et l'adjectif "épiscopal") ; en anglais, "Bishop" (perte du "e" initial grec devant une consonne "s", tant en allemand qu'en anglais, classique en linguistique évolutive/ étymologie, mécanisme dit "aphérèse), et (ii) "WEILER" = hameau, petit village / "-willer" en transcription française ; correspondant souvent à des toponymes très anciens de l'époque gallo-romaine ou du Haut Moyen Âge ; issu du latin, "villa, ae" = maison de campagne, résidence, ferme, métairie. • Le rayonnement et le succès de l'iconographie strasbourgeoise de la "Vierge à l'Enfant", de style roman (1201-1208) s'inscrivirent naturellement dans le cadre du gigantesque chantier de la cathédrale de Strasbourg [das Münster], dédiée à Sainte Marie, communément dite "Notre-Dame" [Unser Frau], édifiée sous l'égide la prestigieuse Fondation de l'ŒUVRE NOTRE-DAME remontant au moins au 13e siècle [Opus Sancte Marie/ Werk Unser Lieben Frau/ Frauenwerk], inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel mondial par l'UNESCO/ World Intangible Cultural Heritage.
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> illustration : BLASON de la ville de BISCHWILLER (en allem. Bischweiler) [arrdt. Haguenau-Wissembourg, dép. Bas-Rhin, Alsace], illustration réalisée par Robert LOUIS (1902-1965), officier de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), dessinateur-héraldiste des Services officiels pour l'armorial des communes du département du Haut-Rhin • repères historiques : un vaste domaine, situé en Basse-Alsace [Unterelsass], à environ vingt kilomètres au nord-nord-est de Strasbourg, onze kilomètres à l'est-nord-est de Brumath [l'antique "Brocomagus"], et huit kilomètres au sud-est de Haguenau, fut offert en 1017 à l'Évêque de Strasbourg par l'Empereur Henri II [= Heinrich II. (HRR)] ; un siècle plus t**d, l'Évêque y fondait une métairie [Meierhof], rapidement devenue un hameau puis qualifié, à partir de 1236, de village et dénommé "Bischofsweiler" [littéralement : village de l'Évêque, voir ci-dessus] ; une église dédiée à Notre-Dame y étant construite vers 1300 || mais l'ensemble fut vendu dès 1332 à une famille seigneuriale, passant de mains en mains, puis relevant des comtes palatins du Rhin [Pfalzgrafschaft bei Rhein/ Kurpfalz] à partir du 15e siècle, et enfin de la famille de Deux-Ponts-Birkenfeld [Pfalz-Zweibrücken-Birkenfeld] y ayant un château de résidence (dit "de Tieffenthal", confisqué à la Révolution et rasé peu après) || village et château à l'origine du bourg puis de la ville de Bischwiller, ayant surtout connu un développement majeur à partir du début du 19e siècle avec l'essor de l'industrie textile, très réputée (avec en particulier les célèbres tissus rouge garance/ teinture issue des racines de la plante "Rubia tinctorum") • représentation de la "VIERGE À L'ENFANT", assise dans un trône [= "en Majesté"], avec les bras étendus à l'horizontale, les avant-bras légèrement orientés vers le haut, avec les paumes tournées vers l'avant, en signe de prière et de protection, souvent dite "Vierge ORANTE" [Orans, Oranti, Orantenhaltung], un thème iconographique particulièrement original (de par la position assise, alors que les "Vieges orantes" sont en général debout) et sans réel équivalent, qui avait été adoptée en 1208 pour la bannière de STRASBOURG [Le Minor type II, voir notices précédentes], et figurait déjà sur le sceau du maire et du tribunal de Bischwiller datant de 1521 ; toutefois, cette effigie était déjà supprimée quelques années plus t**d par la Réforme et le passage de Bischwiller au protestantisme à partir de 1525 || en 1648, lorsque l'Alsace devint province royale française, sous le règne de Louis XIV - par le traité de Münster mettant fin à la Guerre de Trente Ans (1618-1648) -, puis après 1681, lors du "rattachement" de Strasbourg à la France, et enfin le traité de Ryswick en 1697, les appartenances des différents territoires de l'Alsace restèrent quasi inchangée jusqu'à la Révolution française (1789-1792), en revanche, le catholicisme fut réintroduit dans toutes les communes (tout en conservant les institutions protestantes, et avec souvent un "simultaneum" pour l'usage des églises), et le blason médiéval de Bischwiller fut alors remis en vigueur • l'ARMORIAL DE LA GÉNÉRALITÉ D'ALSACE, réalisé de 1696 à 1704 sur ordre de Louis XIV, décrivait ainsi le blason de la ville de Bischwiller : "D'azur à la Ste. Vierge couronnée de trois étoiles, assise sur une chaise, les bras étendus et ayant le petit Jésus sur ses genoux, le tout d'or" [nota : en héraldique, "azur" = bleu] • la description officielle ACTUELLE du blason de Rouffach étant restée quasi similaire à celle de l'Armorial de 1696-1704 : "D'azur à la Sainte Vierge orante, couronnée et assise sur un trône, l'Enfant sur son genou, le tout d'or" [l'Enfant étant à sénestre/ porté par Marie de son côté gauche, et donc à droite sur le blason] ; nota : fait rare, la Vierge et l'Enfant étant représentés SANS AURÉOLE ou "gloire" (symbole traditionnel de sainteté) [extrait conférence et collection Pr. Jean-Marie Le Minor].
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Références (et pour approfondir/ voir également réf. notices précédentes) :
• "Armorial de la généralité d'Alsace. Recueil officiel dressé par les ordres de Louis XIV et publié pour la première fois", 1861.
• Louis Schoenhaupt, "Armorial des communes d'Alsace", 1900 [et édition en allemand : 'Wappenbuch der Gemeinden des Elsass', 1900].
• "Les armoiries des communes du Bas-Rhin", 6 tomes, 1947-1963.
• "Armorial des communes du Haut-Rhin", 4 tomes, 1977-1981 [et 2e éd. 1984].
• Pierre Jaillard, "Les blasons. Art et langage héraldique", (préface de Michel Pastoureau), Hachette éd., 2013.
• "Die alten Territorien des Elsass nach dem Stande vom 1. Januar 1648", Strasbourg, 1896 (186 p.).
• Friedrich Wilhelm Culmann [Frédéric Guillaume], "Geschichte von Bischweiler, nebst einer statistischen Darstellung des heutigen Zustandes dieses Ortes", J.H. Heitz éd., 1826 (152 p., avec vue et plan) [(1793-1883, pasteur à Bischwiller de 1815 à sa mort en 1883].
• Eugène Bourguignon, "Bischwiller depuis cent ans", 1875 (368 p., avec 1 pl.) [docteur en médecine (1824-1880), thèse de doctorat en 1849 à Strasbourg, intitulée : 'Notes pour servir à l'ancienne Faculté de médecine de Strasbourg'] (et reprint : Res universis, 1993).
• August Koecher, "Die Aemter Offendorf und Bischweiler und die drei Doerfer Kaltenhausen, Schirrheim, und Schirrhofen. Eine geschichtliche Studie", 1907 (128 p.).
• Katharina Dehio, "Die Bischweiler Tuchindustrie von ihren Anfängen bis zum Jahre 1870", Strasbourg, 1912 (52 p.).
• Charles Conrad, "Album-guide de Bischwiller, avec un aperçu historique", 1924 (98 p. et plan).
• Albert Uhlhorn, "Das Siegel und Wappen der Stadt Bischweiler", Elsäss. Monatsschr. Gesch. Volkskunde, 1911, p. 600-607.
• Jules Camus, "Le développement économique et social de Bischwiller", Heitz éd., 1939 (162 p.).
• Antoine Fritsch, "Le sceau et les armoiries de Bischwiller", 1967 (8 p.) [docteur en médecine, thèse de doctorat en 1949 à Strasbourg, intitulée : 'Considérations sur l'érythème induré de Bazin'].
• Antoine Fritsch, "Bischwiller, histoire d'une petite ville industrielle du Bas-Rhin", 1972 (152 p.) [docteur en médecine, voir réf. précédente].
• Yves Hemmendinger, "Les établissements hospitaliers départementaux de Bischwiller. Enquête médicaux sociologiques", thèse doct. méd. Strasbourg, 1978 (182 p.).
• Marc Gemmerle & Gilbert Huttel, "Bischwiller en cartes postales anciennes", 1986 (144 p.).
• Marc Gemmerle, "Cent ans de la vie d'un hospice 1888-1998. Les établissements hospitaliers de Bischwiller", 1987 (198 p.).
• Christian Günther, "Bischwiller au fil de l'histoire. Une étude historique, un guide pour le Musée de la Laub", Bischwiller, Assoc. Amis Musée de la Laub de Bischwiller éd., 1987 (94 p.).
• Michel Rustenholz, "Histoire des établissements hospitaliers de Bischwiller de 1888 à 1948", thèse doct. méd. Strasbourg, 1988 (142 p.).
• Walter Rinckenberger, "Bischwiller 1870-1988. Destins et facettes d'une cité industrielle", Assoc. Amis Musée de la Laub de Bischwiller éd., 1990 (192 p.).
• Christian Günther & Gilbert Huttel, "Bischwiller", A. Surton éd, 1999 (128 p.).
• Charles Weick, "Les protestants à Bischwiller. Leur grande et petite histoire 1525-1999", Assoc. Amis Musée de la Laub de Bischwiller éd., 1999 (168 p.).
> site web et projet "SigiAl" : Sigillographie participative de l'Alsace et du Rhin supérieur (Université de Strasbourg/ dépôts d'archives d'Alsace et du Rhin supérieur/ Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace/ avec nombreux collaborateurs issus de la société civile, érudits, et chercheurs bénévoles).
> base nationale "SIGILLA" : base numérique des sceaux conservés en France.
> musées : Musée de la Laub à Bischwiller || Musée historique de la ville de Strasbourg || Musée de l'Œuvre Notre-Dame, Strasbourg.

Focus : L'EFFIGIE ROMANE DU BLASON DE ROUFFACH (ALSACE). • Les représentations humaines et/ou anatomiques (corps entier,...
21/08/2026

Focus : L'EFFIGIE ROMANE DU BLASON DE ROUFFACH (ALSACE). • Les représentations humaines et/ou anatomiques (corps entier, ou partie/ tête, visage, œil, buste, bras, main...) sont rares en héraldique (science et art des blasons et armoiries), ainsi que cela a déjà pu être évoqué en présentant différents exemples. • En ALSACE [Alsatia, Elsass, s' Elsàss], deux communes - ROUFFACH et BISCHWILLER - ont un blason officiel portant l'effigie d'une femme assise, représentée de face [vue frontale], portant un jeune enfant sur ses genoux (placé à senestre/ de son côté gauche), l'ensemble étant marqué par une grande symétrie ; il convient de souligner que la figure [= meuble] de ces deux blasons est exceptionnelle tant au niveau national français que dans les pays germaniques. • Il s'agit du thème iconographique de la "VIERGE À L'ENFANT"[Marienbildnis, dite aussi Madone/ Madonna], dans une variante souvent dite "EN MAJESTÉ" [Maestà], étant représentée couronnée et assise dans un trône (ou cathèdre), à l'image traditionnelle d'un Empereur, d'inspiration BYZANTINE, et très en vogue dans l'art ROMAN européen. • La "Vierge à l'enfant", emblème du Chapitre cathédral de STRASBOURG, alors ville épiscopale, fut adopté en 1201, par l'"assemblée des bourgeois" comme effigie pour son "Grand sceau" [Le Minor type 1] - première étape de son affranchissement progressif par rapport au pouvoir épiscopal -, puis également choisie en 1208 pour la bannière strasbourgeoise [Le Minor type 2], devenant ainsi l'emblème officiel strasbourgeois pendant plusieurs siècles (voir les trois notices précédentes sur la présente page).
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Depuis le Haut Moyen Âge/ début du Moyen Âge, l'Évêque de Strasbourg/ PRINCIPAUTÉ ÉPISCOPALE DE STRASBOURG [Fürstbistum Strassburg/ Hochstift Strassburg] possédait de multiples territoires en Alsace (rive gauvhe du Rhin) et dans le Pays de Bade [Baden] (rive droite du Rhin), au sein du Saint-Empire romain germanique [Heiliges Römisches Reich (HRR)/ Sacrum Imperium Romanum ], et en particulier un territoire épiscopal strasbourgeois en HAUTE-ALSACE [Oberelsass] dénommé "Haut Mundat" [OBERMUNDAT] comportant trois bailliages [Amt], avec du nord vers le sud : (i) le bailliage d'Eguisheim, (ii) bailliage de Rouffach, et (iii) le bailliage de Soultz ; la capitale administrative de l'"Obermundat" étant la ville de Rouffach. • En 1648, lorsque l'Alsace devint province royale française, sous le règne de Louis XIV - par le traité de Münster mettant fin à la Guerre de Trente Ans (1618-1648) -, puis après 1681, lors du "rattachement" de Strasbourg à la France, et le traité de Ryswick en 1697, les appartenances et seigneurs des différents territoires de l'Alsace [une région très morcelée constituant une mosaïque complexe] restèrent quasi inchangée jusqu'à la Révolution française (1789-1792), et en particulier les territoires épiscopaux, dont Rouffach et le Haut Mundat. • Par ailleurs, un vaste domaine, situé en Basse-Alsace [Unterelsass], à environ vingt kilomètres au nord-nord-est de Strasbourg, onze kilomètres à l'est-nord-est de Brumath [l'antique Brocomagus], et huit kilomètres au sud-est de Haguenau, avait été offert en 1017 à l'Évêque de Strasbourg par l'Empereur Henri II [= Heinrich II. (HRR)] ; un siècle plus t**d, l'Évêque y fondait une métairie, rapidement devenue un hameau, qualifié de village et dénommé "Bischofsweiler" à partir de 1236 [littéralement : village de l'Évêque], mais qui fut vendu dès 1332 à une famille seigneuriale, puis passant de mains en mains, avec de multiples propriétaires jusqu'à la Révolution ; village à l'origine du bourg puis de la ville de BISCHWILLER, ayant surtout connu un développement majeur à partir du début du 19e siècle avec l'essor de l'industrie textile. • Les BLASONS de Rouffach et de Bischwiller en Alsace ont donc ainsi tous deux une origine médiévale liée au symbole marial de Strasbourg, de type roman, mais avec une dimension historique différente, Rouffach ayant été un territoire épiscopal strasbourgeois prestigieux pendant plus d'un millénaire (du 7e siècle à la Révolution/ 1790-1792), alors que Bischwiller ne fut qu'un domaine et village appartenant à l'Évêque de Strasbourg pendant trois siècles (1017-1332) [voir la notice suivante sur la présente page].
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> illustration : BLASON de la ville de ROUFFACH (Rufach/ Ruffàch) [arrdt. Thann-Guebwiller, dép. Haut-Rhin, Alsace], illustration réalisée par Robert LOUIS (1902-1965), officier de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP), dessinateur-héraldiste des Services officiels pour l'armorial des communes du département du Haut-Rhin • une ville au passé prestigieux, dénommée en latin "RUBIACUM", résidence royale à partir de la fin du 5e/ début du 6e siècle, et en particulier des ROIS MÉROVINGIENS d'AUSTRASIE [Merowinger, Reges/ Könige Austrasien, Fränkisches Reich] à partir de l'an 511 (année de la mort de Clovis et partage de son royaume), avec un palais/ château dénommé par la suite "Isenburg/ Isenbourg" ; ville et château offerts au 7e siècle à l'Évêque de Strasbourg - selon la tradition par DAGOBERT II (652-679), roi d'Austrasie de 676 à 679 en reconnaissance à l'évêque saint ARBOGAST ; la ville Rouffach étant devenue, à partir du Moyen Âge, la capitale du "Haut Mundat" [OBERMUNDAT], territoire épiscopal strasbourgeois en Haute-Alsace [Oberelsass], initialement au sein du Saint-Empire Romain germanique, puis maintenu au sein du royaume de France, et ce jusqu'à la Révolution française (1790-1792) [voir ci-dessus] || église paroissiale de Rouffach, en partie romane, placée sous la dédicace de "NOTRE-DAME de l'ASSOMPTION" [Mariä-Himmelfahrt-Kirche], classée Monument historique (MH) • effigie de la "Vierge à l'Enfant" figurant déjà sur le sceau de la ville de Rouffach au milieu du 13e siècle (notamment sceau de 1241) ; l'écu "de gueules à une bande d'argent", utilisé depuis le 15e siècle au moins pour la seigneurie ayant été ajouté sur le nouveau sceau de la ville en 1634 • l'ARMORIAL DE LA GÉNÉRALITÉ D'ALSACE, réalisé de 1696 à 1704 sur ordre de Louis XIV, décrivait ainsi le blason de la ville de Rouffach : "D'azur à une Vierge de carnation, assise dans un trône d'or, vêtue de gueules et d'azur et couronnée d'or, tenant sur ses genoux son enfant Jésus aussi de carnation, ayant la tête entourée d'une gloire d'or, et tenant de sa main dextre une haute fleur-de-lis de même, et un écusson de gueules à une bande d'argent posé au pied du trône de la Vierge" (la rigueur et la précision anatomiques des descriptions héraldiques !) [nota : "azur" = bleu ; "gueules" = rouge ; "carnation" = couleur chair, rose à beige rosé] ; l'écu "DE GUEULES À LA BANDE D'ARGENT" était celui de la Principauté épiscopale de Strasbourg à partir de 1220-1230 [nota | inverse/ négatif du blason de la ville de Strasbourg, encore en usage aujourd'hui : "D'argent à la bande de gueules"] • la description officielle ACTUELLE du blason de Rouffach étant restée quasi similaire à celle de l'Armorial de 1696-1704 : "D'azur à la Vierge de carnation assise sur un trône d'or, vêtue de gueules et d'azur, tenant de sa main droite une haute fleur de lys d'or, la tête couronnée et entourée d'une gloire de même, sur ses genoux l'Enfant bénissant de carnation, au nimbe crucifère d'or, un écusson de gueules à la bande d'argent brochant en pointe" • la représentation de la "VIERGE À L'ENFANT" [Type 1] étant similaire à celle du Grand sceau de Strasbourg de 1201, de style roman et d'inspiration byzantine, très en vogue à l'époque sous forme d'illustrations de manuscrits, de vitraux, de sculptures, d'effigies de monnaies ou de sceaux, et restée en usage à travers les siècles, souvent dite également "Vierge EN MAJESTÉ" [Maestà] - étant couronnée et assise sur un trône -, et retrouvée dans la sculpture en Alsace, notamment sur : (i) un bas-relief de l'église romane Saint-Léger de GUEBWILLER (fin 12e s.) [sans l'Enfant], et (ii) l'une des faces de la "stèle romane historiée" du MONT SAINTE-ODILE (fin 12e siècle/ vraisemblablement peu après 1176) [extrait conférence et collection Pr. Jean-Marie Le Minor].
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Références (et pour approfondir) :
• "Armorial de la généralité d'Alsace. Recueil officiel dressé par les ordres de Louis XIV et publié pour la première fois", 1861.
• Louis Schoenhaupt, "Armorial des communes d'Alsace", 1900 [et édition en allemand : 'Wappenbuch der Gemeinden des Elsass', 1900].
• "Les armoiries des communes du Bas-Rhin", 6 tomes, 1947-1963.
• "Armorial des communes du Haut-Rhin", 4 tomes, 1977-1981 [et 2e éd. 1984].
• Pierre Jaillard, "Les blasons. Art et langage héraldique", (préface de Michel Pastoureau), Hachette éd., 2013.
• Thomas Brunner, "De gueules à la bande d'argent", R***e d'Alsace, 151, 2025, p. 27-53.
• "Die alten Territorien des Elsass nach dem Stande vom 1. Januar 1648", Strasbourg, 1896 (186 p.)
• Theobald/ Thiébaud Walter, "Beiträge zur Geschichte der Stadt Rufach", 3 vol., I. 'Urkundenbuch der Pfarrei Rufach', 1900 ; II. 'Urkunden und Regesten der Stadt Rufach 662-1350', 1908 ; III. 'Urkunden und Regesten der Stadt und Vogtei Rufach 1350-1500', 1913 [et ouvrage posthume en français mis à jour par H. Walter : "Rouffach, son passé, ses curiosités, ses ressources", Dernières Nouvelles d'Alsace éd., 1958].
• Jacques Ehrart & Pierre-Paul Faust, "Rouffach. Découverte d'un patrimoine, Ville de Rouffach éd., 2005 (60 p.).
• "Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie du canton de Rouffach", périodique (publication depuis no 1 en 2007).
• Denis Crouan, "Rouffach, des origines à nos jours", Soc. Hist. Archéol. Rouffach éd., 2017 (60 p.).
• Gérard Michel, notices et publications de référence sur l'histoire du Haut Mundat/ Obermundat, du bailliage et de la ville de Rouffach, site/ blog "obermundat org".
• Marguerite Rumpler, "Sculptures romanes en Alsace", (photographies par Jean-Paul Fuhry), Le Tilleul éd., 1960 (108 p.).
• Jean-Marie Le Minor & Alphonse Troestler, "Le Mont Sainte-Odile", ID éd., 2015 (160 p.).
• Jean-Marie Le Minor & Alphonse Troestler, "Le Mont Sainte-Odile du 15e siècle à 1950. Dessins, gravures, lithographies, et photographies", ID éd., 2018 (160 p.).

Art et anatomie : L'ART ROMAN, DES IMAGES HUMAINES INTEMPORELLES | STRASBOURG 1201-1208. • Le symbole/ emblème historiqu...
19/08/2026

Art et anatomie : L'ART ROMAN, DES IMAGES HUMAINES INTEMPORELLES | STRASBOURG 1201-1208. • Le symbole/ emblème historique de la ville de Strasbourg - une "Vierge à l'Enfant" [Marienbildnis, dite aussi Madone/ Madonna] - fut adopté en 1201 par l'"assemblée des bourgeois" pour l'effigie de son Grand SCEAU, événement majeur des débuts de l'individualisation de la ville jusqu'alors placée sous la seule autorité épiscopale ; cette première représentation de 1201, d'inspiration byzantine, restait toutefois très classique pour l'époque [Le Minor "type 1"] : Marie étant représentée de face, assise sur un trône ou une cathèdre, reprenant l'image traditionnelle d'un empereur, d'où la dénomination souvent utilisée de "Vierge en Majesté" [Maestà]. • Quelques années plus t**d, en 1208, le même thème était repris, mais de manière bien plus exceptionnelle et novatrice, pour la BANNIÈRE de la ville de Strasbourg, Marie y ayant les bras étendus à l'horizontale, les avant-bras et les mains légèrement dirigés vers le haut, et la paume des mains orientée vers l'avant en signe de prière et de protection, les manches de son manteau formant de grands pans plissés [Le Minor "type 2"], une figure souvent dénommée "VIERGE ORANTE" [Orans, Oranti, Oratenhaltung]. • L'occasion de mesurer et admirer la richesse et de la force extraordinaires et le caractère "intemporel" de l'ART ROMAN - avec des inspirations multiples et notamment toute l'iconographie byzantine -, d'où, à la fois, une source de transcendance et un aspect de "modernité", en particulier pour les représentations HUMAINES, animales, et végétales, retrouvées dans les différents domaines d'expression artistique : illustrations/ miniatures des manuscrits, vitraux, sculptures, pièces d'orfèvrerie, monnaies, ou sceaux... ; la "Vierge de Strasbourg" de 1208 apparaît comme une forme de "concept graphique" quasi parfait et devenue "ICONIQUE" (au sens actuel = emblématique), ayant traversé, intacte et inchangée, plus de HUIT SIÈCLES, et restant aujourd'hui un symbole majeur de la cathédrale et de l'archidiocèse de Strasbourg (Alsace) [solennité de l'Assomption, jour de fête de MARIE, inscrite au calendrier à la date du 15 AOÛT, une célébration en vigueur depuis le 5e siècle (Μαρία, Maria, Mariam, Myriam, Meryem, Mary, Mari, Muire..., et/ou toutes celles et tous ceux ayant un prénom composé avec "Marie")].
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> illustration : "Vierge à l'Enfant/ Vierge orante" de Type 2, symbole historique de la ville de Strasbourg adopté en l'an 1208 (pour la bannière officielle) || gravure sur bois réalisée en 1964/1965 par le célèbre artiste alsacien Georges RITLENG (1875-1972), peintre, graveur, nommé professeur de la section graphique l'ÉCOLE DES ARTS DÉCORATIFS de Strasbourg en 1919, et directeur de l'École de 1933 à 1939 ; réfugié à Périgueux (dép. Dordogne 24), durant toute la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), à son retour en Alsace en 1945 prenant sa retraite de l'enseignement, et gardant un attachement profond pour le Mont Sainte-Odile ; auteur d'une œuvre particulièrement riche, avec un style graphique caractéristique ; ses activités et son œuvre lui ayant valu d'être chevalier de la Légion d'Honneur, officier de l'Instruction publique [actuel Ordre des Palmes académiques], et chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand • impression en deux couleurs : encre bleue et encre rouge • TEXTE périphérique (en latin) : "Magnificat anima mea Dominum et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo" [= Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! (Luc 1, 46-55)/ ...Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles] • représentation de la "Vierge à l'Enfant" aux bras étendus (Type 2) trônant au-dessus d'une vue de la ville de Strasbourg avec en particulier la célèbre cathédrale • dans le coin inférieur gauche, blason de la ville de Strasbourg ; dans le coin inférieur droit, blason évoquant très probablement celui de la ville de Périgueux • signature : "Georges Ritleng" (voir également les deux notices précédentes et les deux suivantes sur la présente page/ extrait conférence et collection Pr. Jean-Marie Le Minor).
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Pour approfondir (sur le contexte historique, culturel, et artistique/ la bibliographie générale étant gigantesque sur ces thèmes) :
• Hans Haug, "L'art en Alsace", Arthaud éd., 1962 (304 p.).
• Robert Will, "L'Alsace romane", (introduction par Hans Haug), prestigieuse collection 'La nuit des temps', Zodiaque éd., 1965 (356 p.).
• Marguerite Rumpler, "Sculptures romanes en Alsace", (photogr. par Jean-Paul Fuhry), Le Tilleul éd., 1960 (108 p.).
• Alexandre Straub & Gustave Keller, "Herrade de Landsberg, Hortus deliciarum", 1901 [reproduction intégrale des miniatures d'après des calques réalisés avant l'incendie de la bibliothèque lors du siège et du bombardement de la ville de Strasbourg en 1870].
• Rosalie Green, Michael Evans, Christine Bischoff, Michael Curschmann, "Herrad of Landsberg, Hortus deliciarum", 2 vol., E.J. Brill éd., 1979 [508 + 244 p.].
• Béatrice Weis et al., "Le codex Guta-Sintram, manuscrit 37 de la Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg", 2 vol. [fac-similé et commentaires], 1982-1983 (282 + 240 p.).
• Gérard Cames, "Dix siècles d'enluminure en Alsace", Contades éd., 1989 (192 p.) [voir en particulier 'Première partie : La période romane (800-1250)', p. 15-73].
• Louis Grodecki, "Le vitrail roman", Office du livre éd., 1977 (308 p.) [et 2e éd. 1983].
• Victor Beyer, Christiane Wild-Block, Fridtjof Zschokke, "Les vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg", série 'Corpus Vitrearum'/ France IX-1, CNRS éd., 1986 (602 p.) [exceptionnel].
• Arthur Engel & Ernest Lehr, "Numismatique de l'Alsace", 1887 (272 p. et pl.).
• Charles Wittmer, "Inventaire des sceaux des Archives de la ville de Strasbourg de 1050 à 1300", Le Roux éd., 1946 (186 p.).
• "L'Alsace sur les chemins de l'an mil. | Auf den Wegen des Jahres Tausend", (ouvr. collectif, R. Oberle dir.), catalogue de l'exposition homonyme au Mont Sainte-Odile, Département du Bas-Rhin éd., 2000 (90 p.).
• "L'Alsace au cœur du Moyen Âge. De Strasbourg au Rhin supérieur XIe-XIIe siècles", (ouvr. collectif, M. Pottecher, J.J. Schwien, J.P. Meyer, A. Freund-Lehmann dir.), Lieux-Dits éd., 2015 (356 p.).
• "Die Zeit der Staufer. Geschichte, Kunst, Kultur", (ouvr. collectif, Reiner Haussherr dir.), catalogue de l'exposition homonyme au 'Württembergisches Landesmuseum Stuttgart', 5 vol., 1977 (784 + 720 + 374 p., pl. et suppl.).
• Francis Rapp, "Le Saint Empire romain germanique d'Otton le Grand à Charles Quint", Tallandier éd., 2000 (366 p.).
• "Histoire de Strasbourg des origines à nos jours", en 4 volumes, dirigée par le Doyen Georges Livet et le Pr. Francis Rapp, Dernières Nouvelles d'Alsace éd., 1980-1982 [incontournable].
• Louis Réau, "Iconographie de l'art chrétien", 3 tomes en 6 vol., Presses universitaires de France (PUF) éd., 1955-1959 (3290 p.).
• Gérard Cames, "Byzance et la peinture romane de Germanie. Apports de l'art grec posticonoclaste à l'enluminure et à la fresque ottoniennes et romanes de Germanie dans les thèmes de majesté et les Évangiles", Picard éd., 1966 (362 p.).
• "Byzance. L'art byzantin dans les collections publiques françaises", (ouvr. collectif, J. Durand dir.), catalogue de l'exposition homonyme au Musée du Louvre à Paris, RMN éd., 1992 (528 p.).
• Anthony Cutler & Jean-Michel Spieser, "Byzance médiévale, 700-1204", collection 'L'univers des formes', Gallimard éd., 1996 (448 p.).
• "The Glory of Byzantium. Art and culture in the Middle Byzantine Era, AD 843-1261", (ouvr. collectif, H.C. Evans & W.D. Wixon dir.), catalogue de l'exposition homonyme au 'Metropolitan Museum of Art' à New York, Abrams éd., 1997 (604 p.).
• François Boespflug & Emanuela Fogliadini, "Dieu entre Orient et Occident. Le conflit des images, mythes et réalités", Bayard éd., 2017 (188 p.).
• Raphaëlle Ziadé, "L'art des chrétiens d'Orient. De l'Euphrate au Nil", Citadelles & Mazenod éd., 2022 (592 p.).

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