25/11/2025
"Le paquet de frites doit rester ce petit plaisir simple, bon marché et démocratique, accessible à tous..."
Lettre ouverte :
Le cœur gros à la Maison Antoine
Chers amis, chers clients,
Ici, place Jourdan, l'ambiance est d'habitude à la fête et à la gourmandise.
Mais aujourd'hui, à la Maison Antoine, nous avons le cœur gros.
Vous le savez, la frite, c'est bien plus qu'une patate pour nous. C'est notre vie, notre fierté, une histoire de famille. Pourtant, une décision du gouvernement vient assombrir l'avenir de notre métier : la TVA sur vos cornets et vos snacks à emporter va passer de 6 % à 12 % en Janvier 2026.
Un coup dur au pire moment
Pour nous, artisans frituristes, c'est un véritable choc. Passer de 6 % à 12 %, c'est concrètement doubler la taxe sur chaque paquet que nous vous servons.
Le plus frustrant dans cette histoire ?
La récolte de pommes de terre est bonne cette année.
La nature a été généreuse et nous aurions dû pouvoir aborder cette saison sereinement.
Mais au lieu de profiter de cette abondance pour avoir un prix constant nous devons subir de plein fouet cette hausse fiscale qui vient tout gâcher.
C'est un paradoxe amer.
L'étau se resserre : matières premières et gaz
Nous avons l'impression d'être pris dans une tempête.
Même si la patate est belle, tout ce qui l'entoure coûte plus cher : la graisse,l'huile pour faire les sauces, les emballages et tout ce qui va avec.
Et comme si cela ne suffisait pas, une autre menace plane sur nos cuves : l'Europe a pour projet d'augmenter progressivement les accises sur le gaz jusqu'en 2030.
Or, le gaz, c'est l'âme de notre cuisson, c'est ce qui nous permet de vous offrir ce croustillant unique.
Si ces taxes augmentent comme prévu, la facture pour faire tourner nos friteuses va devenir insoutenable dans les années à venir.
Sauvons la frite populaire !
Nous nous sentons coincés.
Entre cette TVA qui grimpe et le coût de l'énergie qui explose, l'équation devient impossible. Notre plus grande crainte, c'est que ces décisions nous forcent à augmenter nos prix bien plus que nous ne le voudrions.
Le paquet de frites doit rester ce petit plaisir simple, bon marché et démocratique, accessible à tous, de l'étudiant au ministre, comme cela a toujours été le cas ici à la Maison Antoine et chez nos confrères.
Nous refusons que ce symbole national devienne un produit de luxe.
Nous espérons sincèrement que nos dirigeants entendront notre appel.
Toucher à la friterie, c'est toucher à l'âme de la Belgique 🇧🇪
Fritement vôtre 🍟
L'équipe de la Maison Antoine