05/05/2026
C’est avec regret que nous apprenons le décès de Marcel Labine, le plus récent lauréat du prix Alain-Grandbois, remis par l’Académie pour la qualité exceptionnelle de son recueil de poésie Comme si c’était comme ça.
Son dernier livre, achevé peu de temps avant sa disparition, porte sur le deuil amoureux de sa défunte compagne et s’intitule Je n’y suis pour personne. Si vous souhaitez lui rendre hommage, le lancement de cet ultime recueil de poésie est prévu à la librairie Port de Tête le 22 mai. Tous les détails sur la page de son éditeur de longue date, Les Herbes Rouges.
Nous offrons toutes nos pensées à sa famille, ses collègues et ses proches.
Décès de l’écrivain Marcel Labine
1948 — 2026
Le poète Marcel Labine s’est éteint aujourd'hui, 4 mai , à l’âge de 78 ans. Connu pour sa poésie luxuriante et précise publiée aux Herbes rouges depuis plus de 50 ans, il a également marqué plusieurs générations d’étudiant·es au Cégep de Maisonneuve, où il a enseigné durant 35 ans.
C’est en 1975 que Marcel Labine vient s’ajouter au cortège de voix dissidentes qui animent la r***e les herbes rouges. Il publie dès lors des poèmes régulièrement, seul ou en conversation – il signe deux numéros avec Normand de Bellefeuille. Dès son premier « vrai livre », Papiers d’épidémie (1987), il reçoit le Prix du Gouverneur général. S’ensuivront douze livres, échelonnés sur les décennies subséquentes. Plus grave, mais toujours marquée par un humour discret, sa poésie s’ancre dans des lieux réels, comme Hochelaga, ou imaginaires, comme Poets’ Corner.
Le succès critique est évident : on parle d’une œuvre majeure, rigoureuse, exceptionnelle. Presque chaque livre de Marcel Labine est salué par une finale de prix, quand il ne rafle pas les honneurs, comme le Grand Prix Québecor du Festival international de poésie de Trois-Rivières, qu’il gagnera deux fois. Tout récemment, il a reçu le prix Alain-Grandbois pour Comme si c’était comme ça (2024).
Lecteur infatigable et attentif, Marcel Labine a aussi joué un rôle de passeur, que ce soit comme critique ou comme professeur, ou encore à même ses livres, car la pratique de l’intertextualité et de la citation a toujours fait partie de son écriture. On l’a aussi entendu à la radio de Radio-Canada, en conférence ou, plus récemment, dans le balado Hiatus de la r***e Spirale, où il s’adonnait avec autant d’érudition que d’humilité à l’exercice de la critique.
Marcel Labine laisse derrière lui une œuvre qui pense, sans bouder son plaisir du jeu et du souffle ; une œuvre qui ravit par sa richesse tout en éclairant les lieux de la pauvreté, le manque, le dépérissement. Tous ses titres publiés aux Herbes rouges peuvent être commandés en librairie.
Dans les mois qui ont précédé son décès, Marcel Labine a eu le temps de terminer le travail sur son tout dernier livre, un recueil dédié à la mémoire de sa compagne, où le deuil amoureux s’éprouve à même les souvenirs de voyages à deux dans des villes imaginaires.
Sous le titre de Je n’y suis pour personne, ce livre arrivera en librairie le 22 mai. Un lancement est prévu le même jour à la Librairie Le Port de tête. Vous êtes chaleureusement invité·es à venir le saluer auprès de nous.
Photo : Katya Konioukhova