28/04/2026
"Une œuvre d'art raconte des histoires et ce que je
désire c'est les reconstruire. Le temps déchiré là où j'ai
navigué, dans les lieux où j'ai planté mes racines.
Les marques sont ridées sur le papier mais aussi sur
ma peau. Dans les lignes d'encre se trouvent des ondulations comme cicatrices, douleurs et chagrins. Je
déchire les photos parce que le temps vécu n'existe plus,
tout est présent en récréant le passé. Les racines sont
ancrées sur mon corps.
Les ruptures sont des séparations ; tout ce qui est
un se transforme en deux. Bifurcations avec retrouvailles
possibles avec nous-mêmes ou sinon la perte d'identité.
Ruptures d'amour, du travail, du corps malade, de
l'exil, du deuil et vie. Les lignes tracés sont sans
frontières ni limites comme cicatrices sur un corps
unique. Nulle-part. Néant.
Mes regards sont détachés, je travaille avec le
reste, je colle les morceaux ensemble. Après-tout, ne
sommes-nous pas tous déchirés, rompus, arrachés au de
l'endroit où nous sommes nés ? Nous dessinons une
nouvelle forme avec les fragments de ce qui était volé,
arraché, abandonné, perdu mais nous nous reconstruisons avec ce qui a été gagné, donné, aimé et reçu.
Ma proposition artistique est une réflexion sur ces
ruptures dans le monde, grandes rayures avec petites
traces. Peindre avec ce qui me reste transformés en des
œuvres d'art joliment encadrés et vitrés. "
Rosane de Andrade