18/01/2025
En ces temps de renouvellement d’année, nous formons de nombreux vœux pour vous et pour le patrimoine d’Aix, qui occupe une place si singulière dans l’architecture et les arts décoratifs français.
Publié en 1792 par « une société d’artistes et de gens de lettres », un guide de voyage indique « que ceux qui n’ont point vu Aix se transportent en imagination au milieu d’une grande ville presque toujours poursuivie par un soleil ardent ; qu’ils l’embellissent de fontaines sans cesse jaillissantes, qu’ils la bordent de chaque côté d’hôtels majestueux, de cafés vastes et beaux, de boutiques enrichies par les productions de tous les arts, qu’ils couronnent l’une des extrémités par le péristyle d’un temple et l’autre par une terrasse dominante sur un faubourg et des vallons enchantés ; qu’ils la peuplent de toutes les grâces dont les femmes se composent, de toute l’élégance que les hommes recherchent, de tout ce que la parure ajoute à la beauté, de tout ce que la volupté prépare à l’appétit des désirs et de tout ce que le luxe ajoute à l’éclat des richesses, et ils auront une idée d’Aix ».
Aix ! Voilà donc un nom et une ville dont nous sommes tous dépositaires. Si dans l’ombre du Parlement de Provence - l’un des trois fléaux de la province avec la Durance et le mistral, selon un vieux dicton méridional qui ignorait les fléaux d’aujourd’hui - une société brillante fit jadis bâtir plus de deux cents hôtels particuliers, il nous appartient désormais de les défendre et de les promouvoir. Héritiers de la Renaissance, du Baroque ou du Classicisme, ces monuments du passé rivalisent d’audace et d’ambition, affichant tour à tour et parfois avec éloquence, la fortune, l’exubérance et l’originalité de ceux qui les façonnèrent. Là où ils n’ont pas disparu, défiant le temps au pied de ces demeures inspirées, broderies de buis, parterres, bassins et nymphées confient au soleil de Provence l’avènement de leurs vertes frondaisons. Quand ce n’est pas cet extérieur subtil et si rare dans un centre-ville qui attache le visiteur, c’est à l’intérieur de ces maisons qu’est donnée toute la symphonie. Ici sommeille un bo***ir chinois du XVIIIe siècle dont les précieux papiers-peints à fleurs sont habités d’oiseaux fantastiques ; là perdure un salon aux gypseries suspendues au souffle du temps ; plus loin se déploient de savants escaliers dont les arabesques des ferronneries s’entrelacent avec virtuosité.
D’hôtels particuliers en maisons de ville, le secteur sauvegardé d’Aix constitue l’un des plus extraordinaires ensembles architecturaux de France, pour une très large part en mains privées. A l’heure où tant d’ensembles sont menacés par l’inconsciente frénésie de nos contemporains, il convient de sauvegarder, documenter et valoriser ces édifices qui portent en eux, par-delà le temps, l’essence même d’Aix. Dans ses Soirées Provençales publiées en 1786, Pierre Bérenger ne rappelait-il pas déjà que la ville d’Aix est « la plus jolie ville de la Provence, mais c’est une des plus belles du royaume ; on y respire un air de capitale, d’aisance et de bon ton qui lui sied tout à fait (…) on y passionne les choses, l’accent de l’âme passe dans les expressions (…) On y accourait d’Arles, de Marseille, de Rome même pour y rencontrer à la fois, les délices d’une vie libre et les ressources contre l’ennui » ?
C’est toute la grâce que nous vous souhaitons en 2025 !
A l’aube de l’année nouvelle, nous avons la joie de vous convier à la conférence inaugurale qui se tiendra le vendredi 31 janvier à 18 heures dans les salons de l’Académie d’Aix, 2 rue du Quatre-Septembre.
Inès Castaldo, docteur en Histoire de l’Art,
auteur d’une thèse consacrée au Quartier Mazarin,
y prononcera une communication richement illustrée, intitulée
Le Quartier Mazarin d’Aix-en-Provence,
son histoire et les découvertes récentes (XVIIe-XXIe s.)
Amateurs d’Art, amoureux du Patrimoine, habitants d’Aix, étudiants ou simples curieux, nous vous attendons nombreux ; entrée libre et gratuite. La conférence sera suivie d’un vin d’honneur.