21/03/2026
Le bol porte d’abord du sens.
Tourner des bols est devenu une chorégraphie quotidienne depuis plus de dix ans, après avoir dessiné, sérigraphié, gravé. Après avoir cherché des mots, filmé, enregistré ou coulé le béton.
Aujourd’hui, est-ce un retour vers davantage de pluralité ou s’agit-il de la continuité d’une pratique dont l’épaisseur me semblait amenuisée ?
Le bol serait donc depuis toujours un prétexte pour occuper la tête et les mains.
Photographier des bols, dessiner des bols, imaginer le son noir des bols…
Mon travail aurait pu évoluer autour du support de la toile agrafée à son châssis mais une obsession dont je définis toujours les contours est née pour cette petite forme creuse, cet espace entouré de surfaces évoquant l’échelle de deux mains humaines.
Ainsi je tourne pour m’offrir un support, puis l’engobe, l’émail, l’enfournement et la cuisson donnent l’occasion de travailler sur cette surface.
J’ai parfois voulu essayer de m’éloigner de cette gestuelle, mais pour mieux me persuader ensuite que le bol est important et qu’il est important de le faire apparaître sous toutes ces formes, de faire croître notre ouverture d’esprit et d’asseoir la porosité entre les champs de la création.
Exposer ainsi des bols, c’est affirmer que chacun revêt sa propre personnalité, au point de faire leurs portraits. Un objet identifié comme fonctionnel devient le sujet central d’une pratique artistique. Chacun devient une tentative d’expression plastique prenant la forme d’une longue (et envahissante) série de petites œuvres uniques.
Lukas Richarz
➝ Exposition visible à la Galerie R.J jusqu’au 18 avril