02/09/2026
🔴 L’objet du mois : Le taureau de la porte fantôme
Non, c’est vrai, la première photographie n’est pas facile à identifier. Plissez les yeux : ce que vous voyez est une clé de voûte, la pierre centrale au sommet d’un arc architectural. Observez bien son relief, ses ombres. Distinguez-vous les lignes gravées ? Regardez bien, en bas à droite se révèle un mufle, percé de deux narines. Un peu plus haut apparait un oeil (un peu endormi). Et du côté gauche, deux lignes arrondies forment un cou puissant. Vous contemplez un taureau ! Et si cela vous rappelle quelque chose, c’est bien normal.
Il est facile de passer au musée sans la voir, et pourtant cette pierre est l’un des derniers vestiges d’une grande disparue de Die : la porte romaine Saint-Pierre, l’une des portes principales du rempart antique de Die (le pendant de la porte Saint-Marcel), détruite à la fin du XIXe siècle.
De manière amusante, elle est aussi l’aveu d'une constante humaine : le besoin de symétrie. Côté Saint-Marcel, la réutilisation d’un arc municipal décoré au sein de la porte, avec ses frises, ses rosaces et sa tête de taureau sculptée, assurait un certain panache à l’ensemble.
De l’autre côté de la ville, la porte Saint-Pierre devait avoir l’air bien nue… Alors, autant pour le symbole protecteur que pour le confort de l’oeil, y ajouter la gravure d’une tête de taureau vite fait bien fait était bien le minimum !