22/08/2026
*** 📳 L'influenceur 🐻 ***
Mercredi matin, Choco arriva, se fit couler un café, un second, s’en fit offrir un par l’un d’entre-nous, puis, alors qu’il devait tenir l’accueil, disparut…
Seule trace de sa présence un instant plus tôt, le balancement discret des porte-clefs artisanaux sur le présentoir, sur lequel l’ursidé semblait avoir pris quelque chose.
Nous ne revîmes pas Choco de la matinée…
Le lendemain, jeudi, Choco se pointa, bu ses cafés, ne réussit pas à s’en faire offrir un, puis disparut à nouveau. Cette fois-ci, ce dernier devait seconder Marilou à un atelier modelage de chouettes. La pauvre se retrouva à se débrouiller toute seule et, heureusement, s’en sortit haut la main.
Collombine chercha Choco partout, ce second jour, bien décidée à l’envoyer aider sa collègue de travail. En vain. Ce dernier resta introuvable jusqu’aux alentours de 15h, où il arriva tranquillement par la porte d’entrée. Il se permit même un trait d’humour « Bonjour ! On trouve quoi dans ce musée ? » qui ne fit glousser que lui.
⁃ Tiens, te revoilà, toi, lui lança un membre de l’équipe.
Tout en farfouillant dans la réserve, Choco lui dit qu’il avait un message à destination de Collombine.
⁃ Je vais devoir prendre mon après-midi. Dites-lui bien.
⁃ Quoi ?! Mais tu devais être à l’accueil cette aprem !
⁃ Je peux pas ! Lança Choco par-dessus son épaule. Prévenez bien Collombine.
Et sur ces mots, il disparut une nouvelle fois.
Un instant plus t**d, lorsque notre ourse des cavernes descendit du bureau et découvrit que l’ursidé n’était pas à son poste, elle gronda si sourdement que les murs en tremblèrent. Enfin, presque.
Vendredi arriva, emmenant avec lui un Choco bien décidé à s’éclipser aussitôt ses deux cafés avalés- ou trois s’il réussissait à s’en faire offrir un. Sauf que cette fois-ci, Collombine, postée en embuscade, l’attendait de patte ferme.
Dix minutes après son arrivée, elle vit l’ursidé s’éclipser, comme toujours par la porte de derrière. Elle le suivit de loin, prenant garde à ne jamais être trop longtemps à découvert, ce qui, de par sa taille, n’était pas chose aisée.
Lorsqu’elle vit Choco se diriger vers la grange où nous stockons notre vieux matériel, elle se dit : « C’est donc là que tu te caches à longueur de journée… »
Alors qu’elle poussait discrètement la porte de la grange, et bien qu’elle n’ait rien de précis en tête, elle était toutefois loin d’imaginer ce qu’elle allait découvrir.
« Mais dites-moi que je rêve ! » s’exclama-t-elle dans un grondement.
Choco, qui était en train de parler à sa « communauté », comme il le lui dirait plus t**d, dit : « Oh non ! c’est pas gentil Collombine, tu m’as interrompu en pleine présentation d’un pendentif artisanal ! Il va me falloir tout recommencer… »
Notre ourse des cavernes lui répliqua qu’il ne recommencerait rien du tout, mais pouvait en revanche se mettre au travail qu’on lui avait donné.
« Puis d’abord tu fais quoi là ? Tu vends nos produits à ton compte ?! »
« Oh là là, mais qu’est-ce que tu vas chercher. Pas du tout. Je les présente pour faire envie aux futurs visiteurs. »
Connaissant Choco, Collombine lui fit remarquer que cela l’étonnait qu’il n’en retire aucun bénéfice.
« Des vues, Collombine. J’en retire des vues. »
« Elles t’avancent à quoi, ces vues ? »
« A monnayer tout ça en pots de miel enfin ! Faut vraiment te mettre à la page. C’est pas parce que t’es une ourse des cavernes qu’il te faut vivre à la mode de tes ancêtres. Prend exemple sur moi ; vis avec ton temps! »
Collombine, qui manqua de s’étrangler, lui fit remarquer que si tout le monde prenait exemple sur lui, il n’y avait plus qu’à fermer le musée, puisqu’il n’y aurait plus personne pour venir travailler.
Choco, fidèle à lui-même, haussa les épaules. « Et si je vous faisais une formation ? Vous me donnez un pot de miel chacun en échange.»
« Chocooo… » gronda notre ourse des cavernes entre ses dents.
« Oh là là , ça va ça va, j’arrête. Décidément, on peut jamais rien faire ici…»
Bear Happy 🐻
© Laurent 🐺