01/05/2026
🐻 Into the w̵i̵l̵d̵...bag ! 🎒
Tout à l’heure, Lucie a appelé Marilou et Robert, une urgence a-t-elle précisé, « rendez-vous au musée pour 14h ! »
Arrivés, elle leur montre le message reçu dans la matinée : « ne vous inquiétez pas, il est avec nous ! Il nous a dit de vous prévenir qu’il ne pourrait pas être au musée cet après-midi. Il s’en excuse. Enfin...je crois. » En PJ, deux photos. Elle les leur montre.
« Non mais lui, il est culotté quand même ! » s’exclame Marilou, outrée.
Robert quant à lui soupire, car bien souvent, lorsque la parole nous manque, un soupir, ces simples deux trois secondes d’air expiré en disent souvent plus long que les mots.
Lucie, qui a dû abandonner sa palpitante partie de bridge dominicale avec son amie Josie pour venir au musée à la place de l’ursidé, en a gros elle aussi. Elle dit : « On ne prévient pas Collombine. Pour une fois qu’elle part en week-end, on va pas lui gâcher ce moment. On lui en touchera deux mots à son retour. En plus, je crois qu’elle voulait nous voir à propos d’une histoire d’influenceur ou quelque chose comme ça, j’ai pas bien compris.»
Le ton est sec, cassant. Cette partie de cartes avortée ne passe pas. Pour Lucie, on ne badine avec le bridge. C’est du sérieux. Une histoire de famille pour ainsi dire.
Marilou et Robert acquiescent, la mine grave. Les situations de crise, ça les connaît. Les frasques de Choco aussi. De ces dernières, ils en ont désormais l’habitude. Arrivées dans leurs vies professionnelles avec la sournoiserie d’une première cigarette, elles s’incrustent désormais telles une addiction.
***
Pendant ce temps là, depuis son sommet, Choco profite de la vue, confortablement assis sur son postérieur rondouillard. Depuis une petite heure, son estomac gargouille, lui faisant regretter de ne pas avoir pensé à prendre l’un de ses nombreux pots de miel. Pour détourner son attention de la faim qui le tiraille, il regarde le paysage, le ciel, et déplore que ce dernier soit dépourvu de nuages. Il aime bien les nuages. Il trouve ça joli et lui font penser à du pop-corn. « Oh là là là !, du pop-corn… J’en mangerai bien, là. Comme à la grande époque.»*
Il tend une patte vers le ciel, pointe une griffe. Pop ! pop ! pop !, tel un démiurge, il s’imagine faire apparaître des nuages, pop-corn céleste des anges.
La faim. La chaleur du soleil sur sa fourrure. Il commence à somnoler.
« Tu veux un morceau de fromage, Choco ? » La randonneuse. Elle accompagne l’homme dans le sac duquel il s’est glissé ce matin, une idée de pur génie ursin pour partir en vadrouille gratos, sans efforts.
« Choco ! Tu veux du fromage ? » répète-t-elle.
Il s’arrache à ses rêves de création. Dit : « Ah oui ! Avec plaisir. J’ai une de ces faim ! »
Il tend la patte. Voit le morceau. Petit. « Je peux en avoir un plus gros ? »
« Ah...Oui oui, bien-sûr. »
« Et vous n’auriez pas aussi quelques fruits secs, à tout hasard ? »
« Euuh, c’est à dire que...non, navré, Choco. »
« Dommage… (nouveau gargouillis). Du coup, laissez aussi le petit. Je prendrai les deux... »
Bear Happy 🐻
*voir post, l’Affaire des pop-corns : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1271855104733868&set=pb.100057281716457.-2207520000&type=3
Laurent 🐺