01/06/2026
Dans les années 1950, le buvard règne sur les pupitres des écoles communales. Bien plus qu’un simple rectangle de papier poreux, il incarne toute une époque, faite d’encre violette, de plumes Sergent-Major et de doigts tachés.
À cette époque, le stylo à bille, comme le célèbre Bic lancé en 1950, reste interdit par le ministère de l’Éducation nationale, qui le juge responsable de la détérioration de l’écriture. Les élèves écrivent donc exclusivement à la plume métallique fixée sur un porte-plume, qu’ils trempent dans l’encrier en porcelaine posé sur le bureau.
L’âge d’or du buvard publicitaire
Si l’école fournit parfois des buvards neutres, souvent roses ou blancs, les années 1950 voient éclore le buvard publicitaire. Les marques s’immiscent sur les bureaux des enfants en distribuant gratuitement ces précieux papiers chez les commerçants, qu’il s’agisse d’épiciers, de pharmaciens ou de boulangers.
Cette stratégie marketing s’avère ingénieuse : l’enfant garde l’image sous les yeux toute la journée, tandis que la publicité s’immisce directement dans le foyer.
Un support à la fois pédagogique et ludique
Pour séduire les instituteurs et obtenir leur approbation, ces buvards ne se réduisent pas à la publicité. Ils deviennent aussi des supports éducatifs précieux, déclinés en séries à collectionner.
La fin d’une époque
À la fin des années 1950 et au début des années 1960, les salles de classe connaissent un profond bouleversement. L’autorisation progressive du stylo à bille et l’arrivée du stylo-plume à cartouche, dont l’encre sèche plus rapidement, rendent le buvard de moins en moins indispensable.
Il disparaît ainsi doucement des trousses pour devenir un objet de nostalgie, aujourd’hui très recherché par les collectionneurs.
Le musée Autrefois l’école en conserve d’ailleurs une petite collection.
En 2023, nous avons organisé l’exposition « Buvards bavards » avec la participation de M. Cauet, buvardophile, lors des Journées européennes du patrimoine au 53, rue des Loges, dans les locaux de l’Amicale Laïque à Fontenay-le-Comte.