13/05/2026
Un grand merci à Madame Irène Eulriet qui, le samedi 2 mai, est venue visiter le musée Bayard fondé en février 1945.
Le témoignage qui suit de cette Conseillère Départementale incitera peut-être d’autres élus à venir découvrir l’unique musée de l’Yonne sur ce thème, ouvert gracieusement au public.
Irène Eulriet
Week-end consacré principalement à l'histoire :
celle de la Résistance, à travers la visite du musée du même nom à Joigny, à l'invitation de Dany Charpy que je remercie chaleureusement. Le groupement Bayard s'étendait à Sépeaux, Saint-Romain, à Villefranche mais aussi du côté de l'Aillantais. Ce musée est une mine de renseignements sur l'organisation, les missions, et surtout les hommes et les femmes qui se sont engagés valeureusement pour lutter contre l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale. Je salue les membres de l'association qui, sous la houlette de leur Président, réalisent un travail de recherche et de transmission essentiel.
Je profite de cet encart pour répondre à de petites piques.
Je ne parlerais pas assez de l’association sur notre site, je serais trop effacé au regard d’autres articles……….
En fait j’ai fait le choix de ne pas enchérir ces derniers lorsqu’ils sont suffisants, même s’ils contiennent de petites inexactitudes. Ce serait ouvrir la porte à une polémique sans fin qui lasserait le lecteur.
Dans les faits :
Le 24 avril l’association était bien présente sur les différents points de pose des pavés de mémoire selon le souhait des organisateurs que je remercie.
Oui je n’ai fait qu’un discours et ce, à la demande des organisateurs. Vous me le demandez, je vous le produis.
Roger VARREY(né en 1923 à Lyon – 1944, mort en déportation à Gusen- Autriche-)
Roger VARREY, alias « Victor », fait partie des 14 membres fondateurs du Groupe Jovinien Bayard en date du 1er mai 1941. Il portait le matricule interne 27. Cheminot au centre ferroviaire de Laroche-Migennes, il était responsable de la cellule Bayard du dépôt et travaillait conjointement avec son camarade Henri Pannequin plus spécialement chargé des liaisons et de l’approvisionnement.
Sous l’impulsion de ces deux jeunes Résistants, le petit groupe de six personnes,
-dit les mousquetaires, Luc Berton, Jean Buet, Edouard May et André LAFEUILLE- réalisa le sabotage de nombreuses locomotives, des fours à réguler, de la rotonde, de la grue de relevage de 50 tonnes et de nombreuses coupures de voies ferrées……………
En dehors de son activité sur le centre ferroviaire, Roger Varrey est l’auteur, sur son initiative personnelle avec deux autres camarades, de la destruction par incendie du drapeau Allemand qui flottait sur le Soldatenheim -Foyer du soldat- à Joigny, quai de Paris. La tête de cet auteur était mise à prix : 10.000F, soit l’équivalent d’un salaire de six mois pour un ouvrier moyen.
Il est arrêté le 1er avril 1944 en allant prévenir un camarade Résistant que la gestapo recherchait. Il est incarcéré à Auxerre.
Malgré la pression morale, par le fait que sa mère avait été arrêtée dans la foulée, -elle-même membre fondatrice de Bayard-, malgré la torture infligée par le tortionnaire Karl Hass, il ne lâchera rien. Sa mère sera remise en liberté faute de preuves à charge.
Il est déporté politique le 18 juin 1944 via le convoi 1229 (2139 hommes) à destination de Dachau. Il arrivera le 20 juin 1944.
Il est ensuite transféré à Mauthausen puis au camp annexe de Gusen où il disparait le 26 décembre 1944 à l’âge de 21 ans. Cette détention fut un calvaire car Roger Varrey était presque aveugle. Avant son arrestation, il avait presque perdu l’usage d’un œil en bricolant une arme au dépôt. Faute de soins, le deuxième œil avait été gagné par l’infection.
L’action sur le dépôt de Laroche Migennes, le troisième de France, était le carrefour stratégique de la grande ligne Paris Lyon Marseille et de lignes secondaires desservant le centre et l’Est de la France.
Fin 1941, deux groupes de Résistance s’organisent et actent sur ce point stratégique.
L’un d’obédience F.T.P. sous contrôle communiste dirigé par Louis RIGLET, l’autre d’obédience France Libre, le groupe Bayard sous contrôle du S.O.E. Jean Marie Buckmaster et de Libération Nord. Cette cellule cheminote Bayard est organisée par Roger Varrey et Henri Pannequin, tous deux employés sur ce centre.
Si à ses débuts ces deux groupes opèrent séparément et s’ignorent presque, dès 1943 ils organisent des actions communes ou coordonnées, ce qui est remarquable et peu courant pendant ce conflit.
L’arrestation de Louis Riglet qui ne dira rien et qui mourra sous la torture, découle d’une dénonciation d’ordre privée. D’autres arrestations dans son groupe ont lieu et ricochent sur Bayard, notamment l’arrestation de Roger Varrey quelques jours plus t**d.
Les deux groupes sont déstabilisés et certains Résistants sont contraints de quitter le dépôt par prudence. Ceux de Bayard, notamment les « quatre mousquetaires » rejoignent le maquis des Coudroies.
Les opérations devinrent moins spectaculaires un certain temps mais dire, comme c’est le cas dans certains ouvrages, que les deux groupes ont été durablement neutralisés est faux.
Louis Riglet et Roger Varrey avaient formés des émules et la liste est longue. Pour Bayard les principaux noms : Roland Laloy, Chatelain Jean, Boulommier Georges, Galloin Henri, Pohu Pierre. Ainsi ils continuèrent avec plus de prudence les sabotages mineurs -les sabotages divers sur matériel roulant qui survenaient principalement en dehors du dépôt- et qui contribuèrent à ralentir efficacement les renforts ennemis.
Louis Riglet, Roger Varrey, votre engagement et votre sacrifice ne furent pas vain, nous vous devons la Liberté.
Que nos jeunes s’en souviennent !
D.C.
Et pour terminer une petite note sur la cérémonie du 8 mai.
Elle fut superbe tant par les allocutions de notre Maire et de notre Député, le tout réhaussé brillamment par la prestation des élèves du lycée Louis Davier, de ceux du groupe scolaire Saint -Exupéry et du collège Marie Noël.
Un grand merci aux enseignants pour la maitrise et la gestion du groupe, les tenues, l’interprétation des chants. (Voir photo)
Ce qu’il faut avant tout noter, c’est que bon nombre de collégiens et de lycéens ne savent pas ce que l’on commémore. C’est la résultante du sabotage intellectuel d’État de leurs parents qui ont perdu de vue le caractère éphémère des périodes de paix.
Impliquer à nouveau les jeunes à venir aux cérémonies commémoratives dans les communes ne peut qu’être salutaire pour leur avenir. La cohésion est essentielle, ce n’est plus à démontrer.
Le Président