02/05/2026
Malheureusement, le monde de la moto est une deuxième fois en deuil cette semaine. Jacques Cornu, le "Grand Jacques" a été vaincu par la maladie lundi dernier et c'est une belle figure des Grands Prix qui s'est ainsi éteinte.
Jacques doit être le pilote suisse qui s'est forgé l'un des plus beaux palmarès de la moto en vitesse et en endurance.
Après plusieurs titres de Champion suisse de vitesse en 250, 350 et 500 à la fin des années 70, il s'engage en GP dès 1980. Il réussira à se maintenir au plus haut niveau des GP pendant 10 ans avec une catégorie de prédilection qui restera les 250cc. Soutenu par Hostettler, l'excellent et passionné importateur Yamaha en Suisse, il courra 5 saisons sous les couleurs Yamaha, et montera 6 fois sur le podium pour terminer 4 fois dans le top 8 du championnat. En 1985 il change de constructeur pour aller courir pour Honda, puis pour la Parisienne, et cela pendant 5 ans. Le palmarès se renforce avec 13 podiums dont 3 victoires de GP au cours des saisons 1988 et 89. Au final, il termine deux fois 3ème au championnat !
En parallèle de la vitesse, Jacques va participer au Championnat du monde d'endurance et va remporter un titre de Champion du monde en 1982, au guidon de la fameuses Kawasaki Performance.
En 1990, il décide de prendre sa retraite sportive et se consacre à son école de pilotage qui va connaître un réel succès en Suisse, comme dans les pays limitrophes.
J'ai eu la chance de côtoyer Jacques à l'époque de ses premières années en GP , puis je le croisais presque tous les ans au Salon de la moto suisse de Zurich. Il aimait que nous partagions nos souvenirs de ces années 80, dans les GP, mais plus que tout, j'étais toujours impressionné par sa gentillesse, sa douceur, sa bienveillance, son humour et sa forme de pensée. Il pensait avec droiture, attention aux autres, respect et avec une sagesse qui pouvait en devenir poétique. Il était profondément attachant et respectable. C'était un grand pilote, un champion, mais surtout un homme bien.
Aujourd'hui, je suis heureux de posséder deux de ses motos illustres: la Kawasaki Performance de 1982 et la Parisienne 250. Elles seront bientôt partagées avec le public et cela permettra de perpétuer sa mémoire.
Dans ce moment, je présente mes sincères condoléances et pense très chaleureusement et amicalement à toute sa famille, ses nombreux amis, et tous ces anciens pilotes qui ont couru avec lui et qui l'appréciaient à sa juste valeur.
Photos: DR, Lucas Vuitel, Roger Lohrer