23/06/2026
🧵 Cette toile bleue du XVIIIe siècle présente une technique particulière : l’impression à la réserve. Elle consiste à appliquer un dessin sur la toile à l’aide de cire, avant de la teindre. La couleur (ici l’indigo) se fixe aux endroits où la cire n’a pas été appliquée, tandis que le dessin reste blanc.
Cette technique ancienne est apparue en Europe au XVIIe siècle grâce à l’arrivée des imprimeurs arméniens à Marseille, puis s’est développée plus largement à partir de la levée de la prohibition des toiles imprimées en 1759. En effet, les toiles imprimées avaient été interdites de fabrication et d’importation par le conseil d’état français, en 1646. Bon marché, elles faisaient concurrence aux manufactures de soierie et de draps de laine, de Lyon notamment.
D’ailleurs, les motifs de cette toile, avec ses montants et ses rayures, imitent les dessins des soieries lyonnaises. Ils sont caractéristiques des “indiennes” (toiles imprimées importées d’Inde), des années 1760, qui continuent d’être fabriquées jusqu’au début des années 1780.
À votre avis, qui achetait ces “indiennes” et dans quel but ? 🔎
Toile bleue à décor blanc en réserve de grosses branches fleuries disposées en lignes ondulées et lignes droites
France
Années 1760-1780
Toile de coton teinte avec réserve à l'indigo
MT 27495. Achat auprès de Tony Martel, 1904.
© Lyon, musée des Tissus