29/05/2026
𝗟𝗮 𝗺𝗲̀𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲𝘀
𝘊𝘰𝘭𝘭𝘦𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 // FOCUS D'ŒUVRE //
𝗪𝗜𝗙𝗥𝗘𝗗𝗢 𝗟𝗔𝗠 (Sagua la Grande (Cuba), 1902 – Paris, 1982)
𝘔𝘢𝘵𝘦𝘳𝘯𝘪𝘵𝘦́ 𝘐𝘝, 1960
Le titre de ce tableau, ses amis surréalistes le lui auraient soufflé. Comme souvent avec Lam.
Né à Cuba d'un père chinois et d'une mère afro-cubaine, il grandit au carrefour de plusieurs mondes. En 1923, il part en Europe, côtoie Picasso, est adoubé par Breton. Il devient l'un des leurs, le seul cubain à intégrer le cercle surréaliste de l'intérieur.
De retour à Cuba en 1941, Lam replonge dans les mythes et les rituels de son enfance. La Santería, religion afro-cubaine et ses orishas, ces divinités introduites dans les Caraïbes par les esclaves, l’inspirent. Sa peinture devient alors quelque chose d'unique : du surréalisme habité par les esprits.
Dans 𝘔𝘢𝘵𝘦𝘳𝘯𝘪𝘵𝘦́ 𝘐𝘝, une figure mi-femme mi-cheval surgit d'un fond vert terreux. Ce n'est pas une mère au sens classique. C'est un dévot en plein rituel, chevauché par Elegua, l'orisha messager figuré par une petite tête cornue. La femme-cheval ne porte pas un enfant. Elle porte un dieu. On appelle ça aussi être maman. Bonne fête à toutes les mères qui nous lisent.