19/03/2014
En 1988, le sort de la sidérurgie lorraine est scellé. Quelques années après le centenaire de la première coulée d’acier, les usines du bassin de Longwy sont vouées à la destruction.
Pourquoi Jocelyn Faroche réalise-t-il cette année-là ses premières images des chantiers de démolition? A dire vrai, il n’imagine pas, alors, commencer un travail de quatre ans. Mais, parce que dans les ruines il retrouve “les dernières traces d’une activité encore récente à l’intérieur des laboratoires, dans les unités de production”, il va tenter de nous dire, à sa façon, les hommes et leur histoire.
A cette époque, il apparaît à la fois révolté, fasciné et questionné par cette volonté qu’ont d’autres hommes de supprimer les dernières traces de cette histoire, par l’énergie qu’ils y déploient; il est frappé par la force brutale des destructions totales, il remarque les usines que l’on démonte, fait ses premières images.
Il revient à Paris, retourne à Longwy. Il ne peut s’arracher à ces ruines immenses, s’immerge dans ce travail qui écrase alors toutes ses autres recherches personnelles.
Il va à Longwy, encore. Il y fera dix voyages en quatre ans. Il ne parvient plus à finir. Un jour de décembre 1992, il sait qu’il vient de faire sa dernière image…