10/03/2026
COLLABORATION :
Geneviève Asse. Yannig Hedel
"Fragments d’infini"
Bigaignon
18 rue du Bourg-Tibourg, Paris 4e
Vernissage 12 mars de 18 à 21 heures
Exposition du 12 mars au 11 avril
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L'exposition "Fragments d'infini", qui se tient à la galerie Bigaignon présente, pour la première fois, un dialogue inédit entre les œuvres rigoureuses de deux figures majeures de l’art français : le photographe Yannig Hedel (né en 1948) et la peintre Geneviève Asse (1923–2021).
Cette exposition, sous le commissariat de Thierry Bigaignon et Eléonore Chatin, met en regard différents médiums — la photographie et la peinture bien sûr, mais aussi la gravure et le dessin — envisagés comme des moyens d’expression naturels d’une vision artistique à la fois claire, rigoureuse et profondément cohérente.
L’exposition est présentée en collaboration avec la Galerie Catherine Putman, et la précieuse contribution de la Galerie Claude Bernard.
Stimulant dialogue que celui qui se joue entre les tirages du photographe Yannig Hedel et les estampes de la peintre et graveuse Geneviève Asse ! Telles des « fragments d’infini », les œuvres sans concession des deux artistes se répondent subtilement, dévoilant les secrètes affinités qui sous-tendent leurs recherches et leurs questionnements.
L’architecture et la lumière sont au cœur de leur démarche. Chez Yannig Hedel, le sens de la composition morcèle l’espace de manière à proposer des bribes d’éléments – ciels, murs… - et désoriente le spectateur dont le regard navigue entre macrocosme et microcosme. Souvent chez le photographe, le liseré de lumière ou d’ombre est ce qui permet de distinguer le plein de l’architecture du vide de l’espace céleste et de nous donner les clés de la composition. Il est tantôt brisure quand il fend l’illusion du visible, tantôt jointure qui relie symboliquement l’homme à l’éther, arrêtant notre regard sur la course d’un nuage ou l’envol d’une hirondelle.
Geneviève Asse, qui disait « qu’un seul trait donne un sens, crée toutes les intensités de la lumière et de l’ombre », n’a cessé de peindre et de graver, avec une prodigieuse économie de moyens, l’espace et les vibrations de la lumière. Fenêtre espace (1974), Lumière verticale (1977), Ouverture VIII (1980), Aquatinte lumière (1999-2000) : la sobriété des titres de ses estampes témoignent de cette quête. Sur quelques gravures, parfois, se laisse imperceptiblement deviner une forme - les lames d’un éventail, les vantaux d’une fenêtre, une ligne d’horizon - sorte de points d’ancrage dans une œuvre où l’abstraction n’est jamais un renoncement au réel, mais une manière d’en saisir l’essence.
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Héloïse Conésa et Cécile Pocheau-Lesteven, 2026