11/04/2026
L'art... Pour voir la vie en rose !
Pour la deuxième année consécutive décrétée "Grande cause nationale"... L'ADAGP (société de gestion des droits d'auteurs en matière graphique) se devait de structurer une discussion sur la problématique de la "santé mentale"... L'impact que peut exercer sur elle, la sphère artistique et sa probable prise en charge par les systèmes d'assurance.
Au titre provocant voire déroutant, par son approche, la récente table ronde sur le thème "Art et santé" organisée dans ses locaux portait le titre non moins révélateur : "Et si les expos étaient remboursées par la Sécu ?"
Autour de professionnels tels le neurologue Pierre Lemarquis, Sarah Roshem artiste et docteur en Art et Science de l'art, Nathalie Bondil muséologue ou Judith Ricard éducatrice spécialisée en institut médicoéducatif (IME)... Il fut question de liens comme autant de connexions établies entre le champ artistique et sa promiscuité avec l'expérience scientifique.
"Un jour on saura peut-être qu'il n'y avait pas d'art, mais seulement de la médecine" professera alors l'écrivain J.M.G Le Clézio. Constat positif lorsqu'on examine son incidence sur le cerveau... Celui-là même qu'il "sculpte, caresse" affirmera Pierre Lemarquis.
"Flot cérébral" dynamique et constant... Dans ce réceptacle "d'informations captées" traitées par "les sens" puis transformées - en second temps - par ce "système du plaisir et de la récompense." qui suscite chez l'être de nouveaux rapports féconds par leur engagement.
"Un bien-être, une qualité de vie" ressentis chez nos acteurs... Un substitut au médicament conçu comme un véritable "soin de support" constate, dans son exercice Sarah Roshem. Par cette option, l'être éprouve le besoin de se soigner, d'aller plus loin dans l'épreuve... "Guérir ce qu'il y a autour de la maladie propre" pour mieux appréhender la souffrance et vivre avec...
Dans l'extase, la stimulation, l'émerveillement, il y a sécrétion de neurotransmetteurs qui activent le circuit du plaisir.
Autant d'enzymes qui apaisent nos âmes et nous donnent l'énergie vitale. A ce niveau, il agit au même titre qu'un médicament.
Dans ce contexte, on dira alors que l'oeuvre n'est rien d'autre que "le reflet de nous-mêmes"... Le besoin impérieux vécu, dans cette forme, comme un "allez et retour", illustrant ' peut-être - la compréhension de situations déstabilisantes, de ces troubles disharmonieux qui nous font face, comme du plus profond de notre passé.
"Le rôle du muséologue est, à ce stade capital !" affirment les deux spécialistes. "Par cette démocratisation de l'art, ce franchissement de barrières, nous sommes en phase avec un autre monde performant, révélateur de sensations fortes, de regards nouveaux. En Belgique, au Canada, mais aussi en France à Nice... La prescription médicale muséale n'est pas un leurre, mais une réalité tangible"
Cette "Expérience d'être" réflexion indispensable décrite par Winnicott, comme évolution, création... Symbole de vie !
Ce "pouvoir de l'esprit sur le corps" que signifiera J.M Charcot. "Faire parler le corps, sans mots" pour éveiller les sens par un processus enrichi de découvertes probantes, exercées chez nombre de malades atteints de diverses pathologies.
Une discussion qui éclaire donc le chemin de progrès que l'art et la science mettent en lumière, pour un avenir porteur d'espoir...
Chantal Guionnet-Fusco