Priscilla et Charles-Edouard, pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes devenus galeriste ? Après des parcours artistiques et professionnels très prenants et divers, nous avons eu envie de mener ensemble un projet qui devait correspondre à nos goûts et répondre à un art de vie. Très proche du monde de l’art, pour l’une, car artiste elle-même tout en étant professeur de dessin, avec l’envie de p
orter chez les autres les émotions que lui inspirent les artistes qu’elle aime, vagabond autour de l’art puisqu’éditeur et imprimeur d’art tout en étant collectionneur pour l’autre, nous nous sommes rencontrés autour d’un local au 96 rue de Grenelle, dans un ancien immeuble familial, local auquel nous voulions donner une vie. Devenus libres professionnellement (à la retraite) et familialement (enfants élevés et partis), l’activité de galeriste s’est imposée à nous ; en effet, nous voulions vivre et travailler dans un environnement que nous aimions ; nous voulions humblement montrer ce que nous aimions ; nous voulions partager nos émotions artistiques avec nos amis, avec nos relations, avec les amateurs d’art. Comment est née cette galerie ? Nous avions la chance de disposer d’un local, idéalement situé ; il fallait trouver un nom qui interpelle, une image qui accroche et s’entourer d’artistes qui avaient confiance dans notre projet. C’est ainsi que « Prince & Princess Art Gallery » est née, tout droit tiré de l’histoire familiale. Notre logo a pris sa forme en tirant son inspiration de la couronne du blason familial et de notre imagination. Nos amis ont été enthousiastes et nous ont encouragés à poursuivre. Mais ce sont, surtout, les artistes, que nous allons exposer, qui nous ont convaincus que notre route était la bonne. Leur personnalité, attachante par leurs doutes et le questionnement perpétuel, la force de leurs œuvres, le haut niveau qualitatif de leur technique ont, en effet, été un encouragement qui nous a poussés dans ce projet, parce que nous les aimions, ils nous procuraient une grande émotion, que nous voulions tout simplement faire partager. Quelle est la ligne éditoriale de la galerie ? Il y a une part de rationnel et une part d’irrationnel dans nos choix. S’agissant de la part rationnel, nous voulons promouvoir la « figuration contemporaine » qui doit reposer sur un fonds de technique, sur une force de l’œuvre et sur l’originalité de la représentation. La peur de l’imposture nous impose ce cahier des charges. Les artistes qui illustrent le mieux notre ligne sont, outre les artistes présentés, Cian McLoughlin, H. Graig Hanna, Alex Kanevsky, Rosy Lamb, Lou Ros, Edwige Rouvry. Mais c’est l’irrationnel qui doit primer sur le rationnel ; il faut que, l’un et l’autre, nous aimions, que nous désirions l’œuvre de l’artiste chez nous, que son œuvre habite notre intimité. La dualité de nos choix limite nos excès et affranchit nos peurs : nous considérons que notre « couple » est une force qui doit nous pousser dans nos retranchements sans trahir nos valeurs. Quel est votre artiste préféré à l’un comme à l’autre ? Egon Schiele. Quelle est la qualité que vous préférez chez un artiste? L’authenticité.