30/05/2026
Aujourd'hui, nous avons eu l'honneur d'accueillir le neveu de Charles Herbert Foster, surnommé « Ginger », vétéran du 2nd Household Cavalry Regiment, qui nous a quittés en 2021. Charles était le dernier vétéran avec lequel notre fondateur, Jean, entretenait encore un contact régulier.
Engagé dans l'armée britannique en 1940 à seulement 19 ans, Charles rejoignit l'année suivante les Royal Horse Guards (The Blues) avant d'être affecté au 2nd Household Cavalry Regiment. Formé comme conducteur et opérateur radio, il servit à bord des célèbres Daimler Armoured Cars utilisées pour les missions de reconnaissance après le Débarquement de Normandie.
Le 13 juillet 1944, il quitta Southampton pour la France. Quelques semaines plus t**d, le 31 juillet, près de Saint-Martin-des-Besaces, il échappa miraculeusement à la mort. Son Daimler Armoured Car fut pris pour cible par un char allemand dissimulé parmi des habitations. Touché à trois reprises, le véhicule fut détruit : un obus traversa les jambes du conducteur, un autre arracha la suspension avant, tandis qu'un troisième traversa toute la longueur du blindé. L'équipage parvint à évacuer alors que le véhicule était en flammes. Ses camarades furent blessés, mais Charles s'en sortit indemne.
C'est précisément cet épisode qui allait conduire à sa rencontre avec Jean, plusieurs décennies plus t**d.
Pour son 60ᵉ anniversaire, Charles reçut en cadeau une bouteille de calvados, une pomme et deux billets pour la Normandie. Avec son épouse, il décida alors de revenir sur les lieux où il avait combattu en 1944.
Au cours de ce voyage, il rencontra Jean et lui expliqua que son véhicule avait été détruit à l'entrée du village. Jean lui répondit alors :
« Vous ne pouvez être que Charles Foster ou son chauffeur. »
Intrigué, Charles acquiesça. Jean poursuivit en racontant l'histoire de ce combat, avant d'ajouter :
« Nous possédons une photographie de votre véhicule en feu à l'entrée du village. »
Charles lui répondit que cela était impossible. Pourtant, lorsqu'il découvrit le cliché, il resta sans voix. Pour la première fois depuis la guerre, il voyait son propre blindé détruit sur une photographie prise au moment même des combats qu'il avait vécus.
Moins de deux semaines après cet événement, le 10 août 1944, lors des combats qui précédèrent la fermeture de la poche de Falaise, Charles fut grièvement blessé par un tir de mortier. Atteint à la poitrine, aux bras, aux mains et à la tête, il fut évacué. Pour lui, la guerre était terminée.
Après la victoire, il servit encore en Allemagne au sein de l'armée britannique d'occupation avant d'être démobilisé. Pour son service, il reçut notamment la 1939-1945 Star, la France and Germany Star, la Defence Medal et la War Medal 1939-1945. En 2016, la France lui rendit également hommage en lui remettant la Légion d'honneur.
À partir de sa rencontre avec Jean, Charles revint régulièrement en Normandie. Souvent accompagné de jeunes officiers de son ancien régiment, il leur racontait son expérience, les combats du bocage normand et l'importance du devoir de mémoire.
Comme tant d'hommes de sa génération, Charles Foster était un homme ordinaire confronté à des circonstances extraordinaires. Il fit son devoir avec courage et humilité. Aujourd'hui encore, son souvenir demeure vivant dans notre village et dans le cœur de ceux qui ont eu la chance de le connaître.
Nous avons été particulièrement émus d'accueillir aujourd'hui son neveu, perpétuant ainsi ce lien d'amitié et de mémoire qui unit depuis tant d'années notre musée à la famille de Charles Foster.