26/09/2026
25 septembre 2026: Journée nationale d'hommage aux Harkis - Faire une place à celles dont l’histoire a trop souvent été laissée dans l’ombre.
Il y a un an, ici même, Mme la Ministre Patricia Miralles rappelait que les femmes de harkis avaient été des « piliers souvent peu reconnus ».
Cette phrase, nous avons voulu la prendre au sérieux.
Au Mémorial du Camp de Rivesaltes, raconter l’histoire des familles harkies, c’est aussi raconter celle des femmes qui ont vécu l’exil, le déracinement, l’attente, la relégation, mais aussi la reconstruction et la transmission.
C’est pourquoi leurs parcours occupent désormais une place pleine et entière dans notre nouvelle exposition permanente.
Leurs visages. Leurs témoignages. Leurs objets intimes. Leurs savoir-faire.
Une couverture de famille, un moule à makrout, des tapis réalisés par les femmes de Lodève : autant de traces modestes en apparence, mais qui racontent des vies, des gestes, des transmissions et une capacité à reconstruire malgré tout.
Et hier soir, cette mémoire a continué de vivre sous des formes multiples :
• la parole scientifique sur les femmes « auxiliaires » de l’armée française par Fatima Besnaci Lancou
• le témoignage précieux de Malika Zaoui Le Goff,
• les voix de filles et petites-filles de licières de Lodève, portées par la lecture de Je suis de celles qui se souviennent, avec Benammar Koly et Mémoires Méditerranée
• la création artistique de Slidja, profondément nourrie par l’histoire de sa mère passée par le camp de Rivesaltes.
Des chercheurs, des témoins, des artistes, des archives, des objets, des récits.
Plusieurs voix pour une histoire qui ne peut pas se résumer à un seul récit.
C’est cela, pour nous, le Mémorial : faire dialoguer les regards, donner une place aux paroles longtemps restées en marge et donner à chacun les moyens de comprendre, de transmettre et de réfléchir.
Nous ne faisons pas la leçon. Nous mettons la mémoire au travail.
Et parce que les femmes ont été au coeur de l’histoire des familles harkies, elles doivent aussi être au coeur de sa transmission.
Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à cette soirée, et tout particulièrement à Fatima Besnaci-Lancou pour son engagement et son accompagnement dans la conception de ce temps fort.
Au Mémorial du camp de Rivesaltes, nous continuerons à faire une place à ces histoires.
Une place dans nos expositions.
Une place dans notre programmation.
Une place dans notre récit collectif.
Parce qu’une mémoire longtemps reléguée ne doit plus être reléguée.