15/09/2026
L'émotion des descendants du libérateur Jacob L. Devers, sur les traces de leur aïeul.
Les descendants du général Jacob L. Devers, commandant du 6e groupe d’armées, étaient de passage dans le secteur ce 12 septembre. De la traversée du Ried au franchissement du Rhin en passant par le musée de la Poche de Colmar à Turckheim, ils ont suivi avec émotion le parcours de leur aïeul.
Il y a 81 ans, Jacob L. Devers et le 6e groupe d’armées qu’il commande (dont faisait partie la 1re armée française menée par de Lattre de Tassigny) traversaient la région en même temps qu’ils la libéraient. Ce samedi 12 septembre, les descendants du général américain ont marché sur les traces de leur aïeul.
Jean-Paul Krebs, historien régional spécialiste de l’Alsace durant la Seconde Guerre mondiale, est à l’initiative de leur venue. « C’est la première fois qu’ils viennent en Alsace », souligne-t-il, tenant à rappeler l’importance de Jacob L. Devers (1887-1979) pour l’Alsace : « Son nom demeure quasi inconnu mais il a été le véritable chef d’orchestre de la libération de notre région. » Notamment par son rôle dans les combats de la Poche de Colmar.
Ses faits d’armes lui ont d’ailleurs permis d’être le deuxième officier américain le plus gradé en Europe, juste derrière le futur président américain Dwight D. Eisenhower, lorsqu’il fut promu au grade de général le 8 mars 1945.
« C’est très spécial de pouvoir venir ici à 95 ans »
En début d’après-midi, James Devers (dit Jim) et sa fille Amy ont pu découvrir le Musée mémorial des combats de la Poche de Colmar, à Turckheim. Durant une heure, ils ont écouté leur guide Lionel Charluteau, bénévole au sein du musée. Le duo, très intéressé, a pu en apprendre plus sur le contexte dans lequel se sont déroulés les combats de la libération du secteur colmarien. Les Américains ont aussi découvert, amusés, la photo de Paul Flesch-Hild, 3 ans, effectuant un salut militaire face à l’objectif alors que le général Devers se penche vers lui pour lui serrer la main.
À l’issue de cette déambulation, le neveu de Jacob L. Devers n’a pas caché l’émotion que suscite ce périple : « C’est très spécial pour moi de pouvoir venir ici, à 95 ans, de se souvenir de tout ce qu’il s’y est passé, confie ainsi Jim. Jacob était mon oncle mais comme il était toujours stationné dans différentes bases américaines, je l’ai rarement vu. Mais il était toujours amical quand il nous rendait visite. »
Amy Devers n’avait que 8 ans quand le général, son grand-oncle, est décédé. Cela n’empêche pas l’émotion de la gagner elle aussi. « Même en étant d’une génération plus éloignée de la Seconde Guerre mondiale, ça m’émeut beaucoup, avoue-t-elle, au bord des larmes. Je savais qu’il était célèbre et modeste – peut-être un peu trop – mais je n’ai plongé que récemment dans tout ça. Je suis encore en train de tout assimiler. »
Depuis la Provence et jusqu’en Bavière
L’Alsace n’est qu’une étape dans leur périple. Celui-ci a commencé en Provence au début du mois. Un lieu tout sauf anodin puisque c’est là que Jacob L. Devers et ses hommes ont débarqué à l’été 1944. Neil Godfrey, le demi-frère d’Amy, qui vit justement dans le Sud, a coordonné le voyage dans la région colmarienne avec Jean-Paul Krebs.
Mais les étapes françaises (les Vosges ont aussi été visitées) ne sont pas les seules : « On est venus avec l’intention de suivre le général et ses troupes depuis le débarquement dans le Sud, explique Jim. On prévoit d’aller jusqu’en Allemagne, où il a reçu la capitulation allemande près de Munich. » À leur retour de Bavière, Strasbourg sera la dernière étape de leur voyage mémoriel.
Article de Thibaut Heberlé des DNA : https://c.dna.fr/societe/2026/09/15/l-emotion-des-descendants-du-liberateur-jacob-l-devers-sur-les-traces-de-leur-aieul