19/03/2026
UN MAIRE À ÉLIRE POUR VILLARS MAIS PAS DE CANDIDAT !
C’est une situation qu’on aurait aujourd’hui du mal à envisager. Le 30 mai 1914, le conseil municipal de Villars se réunit pour désigner un successeur à Jean Baptiste Paret. Cet industriel local, maire depuis 1904, contraint par ses obligations professionnelles, souhaite passer la main tout en restant conseiller municipal. Mais sa succession va poser problème puisqu’aucun candidat ne se déclare. Les élus locaux vont donc voter selon leur cœur et il faudra quatre tours de scrutin pour enfin désigner un nouveau maire.
Pierre Perrin, jusque-là premier adjoint de Paret, est logiquement pressenti pour lui succéder. Mais avant le vote, il prend les devants et invite ses collègues à reporter leurs suffrages sur d’autres noms que le sien, car à son grand regret il ne peut accepter la fonction de maire. Pourquoi ? ce n’est pas précisé dans le compte-rendu qu’en fait la presse locale. Mais il est veuf, en charge de famille et déjà très investi dans la vie associative locale.
Le dépouillement le désigne néanmoins comme maire, mais ainsi qu’il l’avait annoncé et malgré les instances pressantes dont il est l’objet, il maintient sa décision. Devant ce refus, on est obligé de voter à nouveau et le deuxième tour montre, comme le premier, le désarroi dans lequel la démission de M. Paret a laissé le conseil. Les voix se dispersent sur 8 élus municipaux différents.
Au bout de trois tours de scrutin, une courte majorité se porte enfin sur Etienne Reynaud qui remercie ses collègues de la confiance qu’ils lui ont accordée, mais il annonce qu’il ne peut accepter cette charge, car dit-il, les fonctions de maire entrainent certaines dépenses et ce n’est pas avec sa modeste retraite qu’il pourra y faire face.
Nouvelle déception pour le conseil municipal en panne de solution pour se trouver un maire. On incite donc Etienne Reynaud à accepter la fonction, au moins jusqu’à la prochaine réunion du conseil où sera tranchée cette question d’indemnité. Un quatrième tour de scrutin est alors organisé avec 14 voix sur 18 votants en faveur M. Reynaud qui accepte « sous réserve qu’une indemnité lui soit allouée ». Demande qui sera validée lors de la séance du 21 juin, mais le montant fixé à 300 francs sera approuvé à une courte majorité.
Pierre Perrin conservant son poste de 1er adjoint, il faut aussi désigner le deuxième adjoint en remplacement de Jacques Chosson, décédé trois mois plus tôt. Là encore les votes vont se disperser et il faudra trois tours pour que Jean Domet soit enfin installé dans cette fonction.
Un mois plus t**d, l’attentat de Sarajevo allait déclencher l’effroyable mécanique conduisant à la première guerre mondiale.
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Sources : presse ancienne, délibérations conseil municipal.
Photos : musée JM Somet.
©H&P-Pierre THIOLIÈRE
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